Croissance chinoise, Tibet, Guizhou et Yunnan en tête

Le PIB chinois, en 2020, a affiché une hausse de 2,3%, après un scénario en V, dessiné par la chute liée à l’épidémie en début d’année et la reprise vigoureuse alors qu’une grande partie de la planète patine sur place ou recule. Les gros poids lourds, Guangdong, Jiangsu, Shandong, affichent de bonnes croissances tant que des petits, Tibet, Guizhou et Yunnan, ont les meilleurs taux.

Guangdong et Jiangsu en tête

Au niveau régional, les chiffres sont sortis, les provinces du Guangdong et du Jiangsu affichent encore les meilleurs PIB, suivies par le Shandong, le Zhejiang et le Henan. Le Guangdong – 11 076 milliards de yuans/ 1715 milliards de dollars – affiche un PNB deux fois supérieur au Henan (5e) et sa croissance de 226 milliards de yuans en 2020 représente plus de trois fois celle du Henan, 737 milliards. ( Les données du Hebei ne sont pas encore disponibles).

PNB par province :


Le Fujian, avec une croissance de 3,3%, est passé devant le Hubei, qui recule de 5,5%. 
L’Anhui talonne Shanghai (3868 – 3870) et devrait dépasser la ville en 2021. En 2019, la différence atteignait 104 milliards, elle a rétréci à 2 milliards.
Deux provinces sur trois du Nord-Est reculent dans le classement. Le Liaoning, avec une croissance de 0,6%, se laisse dépasser par une province « faible » du Sud, le Jiangxi ; le Heilongjiang avec +1% recule d’une place.

Chongqing, la 4e ville gérée directement par l’Etat depuis 1997, continue d’avancer avec 3,9% de croissance et s’approche du milieu de tableau des provinces. 

Le Nord-Ouest et Xian

Le déclin du Nord-Est se mesure avec l’avancée du Nord-Ouest. La province -phare de cette dernière, le Shaanxi 陕西, capitale Xian 西安, affichait en 1978 un PIB qui représentait 35,37% de celui de la première province du Nord-Est, le Liaoning. Au fil des années, l’écart s’est réduit ; en 2018, le Shaanxi est passé devant le Liaoning. Le Xinjiang dépasse le Heilongjiang, tout comme le Gansu, à l’ouest, et le Jilin. La performance de l’Ouest est menée par Xian qui rayonne, alors que les grandes villes du Nord-Est (Dalian, Shenyang, Changchun, Harbin) ne parviennent pas à développer une influence aussi positive.

Par habitant, Pékin, Shanghai, Jiangsu

Il est intéressant de traiter ces données en calculant le PNB par habitant. Pékin et Shanghai caracolent en tête, avec un avantage pour la capitale avec 167 610 yuans ( 27 960 USD) par personne, contre 159 660 pour sa rivale. Bien entendu, les chiffres sur la population sont « mouvants » et le classement peut en être affecté. Le Jiangsu suit, nous avions déjà vu que sa capitale avait la première place dans ce type de classement pour les villes voir ici. La différence Nord-Sud est encore visible mais moins accentuée, on trouve les provinces faibles du Sud dans les 10 dernières places (Jiangxi, Guizhou, Guangxi).

PNB par habitant :

Si on établit un classement par croissance, on se rend compte que le Tibet, qui a le moins important PNB et la plus petite population (3,35 millions) enregistre la meilleure croissance, 7,80%, que deux provinces du Sud, Guizhou (4,5%) et Yunnan (4%), qui ne « pèsent pas lourds », suivent. Le gros poids lourd, le Guangdong est en ligne avec la moyenne nationale (2,3%). Quant à Pékin (1,2%) et Shanghai (1,7%), elles sous-performent. Les restrictions liées à la crise sanitaires, plus strictes que dans d’autres régions ont certainement joué.

Croissance par province :

NB : Pour répondre à certains commentaires reçus qui évoquent la fiabilité des chiffres chinois et l’intérêt de les prendre en compte : autant il n’est pas aisé de savoir s’ils reflètent avec précision la réalité, autant il est difficile de prouver qu’ils sont faux. En revanche, on peut penser que ces données reflètent la tendance. Pour cette année, le scénario en V de l’économie est totalement crédible. En revanche, comme certains connaisseurs le croient, que la croissance ne soit pas positive sur l’ensemble de l’année, ou que l’économie ait davantage plongé sur les premiers mois, je ne serais pas très étonné que ces hypothèses soient plus proches de la réalité.  En Chine, on « fait avec ».

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2 février 2021

Economie chinoise, qu’est-ce qui se passe?

Est-ce toujours facile de savoir exactement ce qui se passe dans l’économie chinoise ? Les chiffres officiels doivent être pris avec des pincettes, les estimations des économistes des grands organismes sont basées sur ces chiffres – on ne contrarie pas le numéro deux, presque un, de l’économie mondiale. Les médias occidentaux effleurent le sujet et préfèrent en général répéter toujours le même discours sur Hong Kong, le Xinjiang, Taïwan et les droits de l’homme. Les quelques médias en langue occidentale qui s’écartent du mainstream sont parfois un refuge de déçus du socialo-communisme qui pensent avoir trouvé le dernier salut de leur idéologie en terre chinoise. On regarde la Chine avec sa propre grille de lecture sans voir la réalité. Habiter en Chine ne garantit pas l’objectivité, parfois l’inverse. On réfléchit parfois en fonction de ses propres intérêts ou de son idéologie et on parvient facilement à se mettre un voile devant les yeux. Je sais un peu de quoi je parle, j’y ai passé deux décennies et rencontré toutes sortes de sous/surréalistes.
La meilleure solution est d’être en relation avec le terrain, ou plutôt les terrains. La géographie économique est très variée et les secteurs connaissent des fortunes diverses, parfois contrastées. Autant, les nouvelles technologies et l’Internet ont le vent en poupe, autant certaines industries du siècle passé peinent, comme certains secteurs dans la distribution. Afin d’avoir du recul, il est bon de trouver des observateurs qui ne parlent pas que des trains qui arrivent à l’heure, ont la liberté de le dire et ont la connaissance, ce qui est rare. Wang Jian est ma meilleure source critique pour mieux approcher l’économie. Lui-même reconnaît que ce n’est pas facile de jauger son état de santé.  Dans une de ses dernières analyses, il prend un indicateur sur les loyers de bureaux et le taux d’inoccupation (空置率) qui reflète l’état des entreprises et la demande, regarde les points forts et faibles de l’économie.

Baisse des loyers de bureaux sur deux ans

Des données sur les trois villes leaders viennent de sortir. A Pékin, les loyers des bureaux affichent une baisse au dernier trimestre de 2020 pour la 8e fois de suite, soit durant deux années. Le taux d’inoccupation atteint un plus haut historique à 19,4%. Le secteur de la production est pratiquement inexistant dans la capitale. Le recul des loyers touche surtout sur le secteur des services.  
Quant à Shanghai, les prix enregistrent une baisse pour un 9e trimestre de suite avec un taux plus élevé à 21,85%. Shenzhen, avec un 9e trimestre consécutif en recul également, enregistre un taux de vacances de 27,9%. Au dernier trimestre, le prix de vente moyenne du mètre carré de bureau atteignait 47 900 yuans, ce qui donne une baisse de 9,1% sur un an. A la location, le mètre carré est passé de 232 en 2018 à 192 yuans en 2020. Shenzhen est la ville de la création d’entreprises et est un bon baromètre de la vitalité de l’économie. 
Le secteur des promoteurs ne se porte pas mieux. Les entreprises sont en constante recherche de financement, les autorités de régulations craignant des taux d’endettement trop dangereux ont encore resserré les limites des emprunts.

L’export va bien, jusqu’à quand ?

A côté de ce tableau peu enthousiasmant, le secteur de l’export s’est distingué cette année avec une hausse grâce principalement à deux facteurs : 1. Le remplacement de production d’autres pays qui ne pouvaient pas produire, la production a été transférée en Chine (voir ici ) 2. L’exportation d’articles contre l’épidémie (notamment des masques et gants).   Ces points vont disparaître lorsque l’épidémie sera maîtrisée. L’économie chinoise a prospéré grâce à l’export et à l’investissement. La normalité revenue, il faudra moins compter sur ce secteur.
Un terme a vu le vente en poupe : l’économie de la maison -宅经济 , on reste à la maison, on y travaille et on y consomme. Le phénomène a bénéficié à l’économie numérique chinoise, qui est certainement la plus développée au monde. Suffit-il?

Consommation, maillon faible

La consommation chinoise est encore à la traîne. Le poids du nombre masque la réalité. Certes, le secteur du luxe profite de la soif de consommation des articles haut de gamme, mais quand on regarde les moyennes, on est loin du compte. Les chiffres des revenus disponibles 可配置收入 pour 2019 sont éloquents ; ils marquent encore les mêmes disparités et inégalités depuis des décennies. 
Shanghai et Pékin caracolent en tête du classement avec 69 442 et 67 756 yuans par personne alors que la moyenne est à 30 733 – revenu médian à 28 228. 

Seulement, neuf provinces-villes sont au-dessus. Les revenus disponibles du Shanghaïen représentent pratiquement le double de ceux d’un habitant du Fujian (7e rang), 69442-35616 et 3,5 fois de ceux des trois provinces les moins aisées, Guizhou, Tibet et Gansu. Pour regarder le verre à moitié plein, on doit ajouter que le revenu disponible a augmenté de 21966 à 30 733 sur 2015-2019.

Moyenne des revenus disponibles de 2015 à 2019 et croissance (ligne verte) :

Bien entendu, il est important d’écouter le discours officiel et voir comment est décrit l’économie et surtout envisagé l’avenir. A côté, il est indispensable de chercher une information éclairée et critique pour avoir une vue équilibrée. Généralement, dans notre monde manichéen, l’un rejette l’autre. Les uns taxent de chinese bashing la moindre critique. De tels chroniqueurs chinois comme Wang Jian s’inquiètent depuis des années du sort Jack Ma au milieu des factions politiques et des requins qui veulent s’approprier ses biens.  Plus d’une fois, le bruit courait qu’il s’était refugié aux Etats-Unis surtout depuis l’annonce de sa retraite forcée d’Alibaba en 2018. Si une plume non chinoise avait sorti une telle information, qu’aurait-on dit ?
Quoiqu’il en soit, tous les signaux ne sont pas au vert pour l’économie chinoise. Mais la rigueur aux caractéristiques chinoises dans la lutte contre l’épidémie a pu effacer le fiasco du début et la Chine, en dépit de ses problèmes structurels, se porte mieux que tout le monde. Elle doit néanmoins changer son modèle de développement, moins dépendre de l’export, de l’investissement et de la planche à billets tout en générant une vraie classe moyenne qui puisse soutenir l’économie. Il faudra certainement régler l’épineuse question de la répartition des richesses et sa captation par une infime minorité qui fait de la Chine un pays avec de grandes inégalités.

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Entre chômage à 20% en 2020 et croissance à 7-8% en 2021

Nankin en tête

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Source :

12 janvier 2021

Entre chômage à 20% en 2020 et croissance à 7-8% en 2021

Le président de l’Institut national de développement de l’Université de Pékin Yao Yang, lors d’une interview avec Tencent Finances, donne son point de vue sur l’état de l’économie. Il aborde de manière plus réaliste la situation que les discours officiels.

Yao évoque les points suivants :
La reprise rapide, après le choc épidémique, ne doit pas masquer la réalité. La consommation est toujours très faible.
La croissance devrait rebondir en 2021, entre 7 et 8%.
Le yuan poursuivra sa hausse.
Selon une enquête de fin juin, le chômage dans les villes atteignait plutôt 20%, contre les 5-6% officiels. Le taux correspond aux estimations des connaisseurs de l’alchimie locale voir ici. Ce n’est pas une révélation, quand on sait que tous les chiffres officiels doivent être pris avec les plus grosses pincettes. Ce qui étonne, c’est que ce constat cette fois reste visible alors que la survie de tels propos d’économistes sur Internet ne dépasse pas les 24/48h.
Les relations sino-américaines avec Biden ne devraient pas continuer à se détériorer.
Le plus gros problème dans la déconvenue d’Ant et de son introduction en bourse serait un manque de communication et un écart de perception. Il ne peut pas en dire plus, mais les causes sont certainement plus profondes.

Traduction des passages les plus importants :

Reprise rapide de l’économie, mais l’emploi tire la consommation vers le bas avec un taux de chômage autour de 20%

Tencent Finance : En 2020, l’impact de l’épidémie, le choc du marché mondial et le tremblement de terre de la dette l’un après l’autre, ont généré une année impressionnante. Comment voyez-vous les performances de l’économie chinoise cette année et la situation actuelle de la reprise ? Quels sont les inquiétudes et les risques cachés ?
Yao Yang : En termes simples, l’économie chinoise a chuté de manière significative au cours du premier trimestre en raison de l’impact de l’épidémie. Le scénario découplage a provoqué un grand pessimisme. Après avril et mai, l’économie chinoise s’est redressée bien mieux que prévu grâce aux mesures de relance budgétaire massives qui ont permis d’atteindre le creux de la vague et de générer directement une demande effective. L’expansion budgétaire de cette année a dépassé les 8 000 milliards de yuans, ce qui est un chiffre important. En outre, cette asymétrie dans la reprise de l’économie chinoise et de l’économie mondiale a entraîné une augmentation significative des exportations chinoises, ce qui a constitué une deuxième surprise. Sans les performances exceptionnelles des exportations, il aurait été difficile pour l’économie chinoise d’atteindre une croissance positive pendant toute l’année. Dans le même temps, cependant, nous devons reconnaître que la reprise de l’économie chinoise est fragile, à savoir que la reprise de la consommation reste lente. En août de cette année, la croissance de la consommation n’est passée de négative à positive que pour la première fois de l’année, et devrait rester négative pendant toute l’année. Pour l’avenir, il est essentiel de soutenir la consommation afin de permettre à l’économie d’entrer dans une phase de reprise durable.
Tencent Finance : Vous avez mentionné la « troïka » de l’économie chinoise. En 2020, la croissance économique de la Chine reposera principalement sur l’investissement et les exportations ; la croissance de la consommation accuse un retard important. La Chine a été touchée par l’épidémie pendant une période relativement courte, alors pourquoi la consommation est-elle si faible ?
Yao Yang : C’est une bonne question. Le revenu est le moteur endogène de la consommation. Sans revenu, il n’y a pas de consommation, et sans emploi, il n’y a pas de revenu.
Nous avons vu que bien que la Chine a été touchée par l’épidémie pendant une courte période, l’impact a été très profond. De nombreuses petites et moyennes entreprises (en particulier celles du secteur des services) étaient fermées au premier trimestre. Pour ces PME, dont les bénéfices sont déjà très maigres, il est difficile de se redresser après la fermeture. Je crains que certaines entreprises du secteur des services n’aient disparu définitivement. Cela rend la situation de l’emploi en Chine plutôt sombre.
Depuis le début de l’année, le Bureau national des statistiques a publié des chiffres sur le taux de chômage de l’enquête, qui s’est maintenu autour de 6 %, mais ce chiffre se réfère à la population ayant une carte de résident urbain, alors que le principal groupe de chômeurs ne fait pas partie de cette catégorie. Il n’existe pas de statistiques officielles. Une équipe de collègues a réalisé une enquête en ligne auprès de plus de 6 000 personnes fin juin, et l’enquête a montré un taux de chômage de 15 %, en plus des 5 % en semi-chômage. La Chine compte plus de 700 millions d’actifs, dont 70 % dans les villes, soit plus de 500 millions. Notre enquête nous indique que le taux de chômage atteint 20 %, plus de 100 millions de personnes sont au chômage.
Le gouvernement a également pris des mesures telles que l’émission de bons de consommation, mais l’effet est insuffisant. À l’heure actuelle, le soutien politique du gouvernement en faveur de la demande est bien moins important que celui de l’offre.

Déflation/inflation à venir ?

Tencent Finance : Vous pensez que le soutien politique actuel à la consommation n’est peut-être pas assez fort, alors pour l’année prochaine, comment cette politique devrait-elle stimuler la consommation ? La consommation va-t-elle devenir le principal moteur du rebond de la croissance économique ? Yao Yang : La reprise de la consommation ne peut pas être comparée à cette année, mais à l’année précédente, pour voir s’il y a une croissance positive. Pour l’instant, je pense qu’il y a quelques difficultés. La consommation de la Chine a un facteur saisonnier, et le Nouvel An chinois est le moment clé à observer. D’ici mai, nous verrons si nous pouvons avoir une reprise relativement importante.
Tencent Finance : L’IPC (Indice des prix à la consommation), de novembre passe de positif à négatif, un record de -0,5%, l’économie actuelle est-elle dans un état déflationniste ?
Yao Yang : Le porc représente une grande partie de l’IPC qui est fortement influencé par le cycle du porc. Ce que nous devrions examiner, c’est l’IPC de base hors prix du porc. En novembre, l’IPC de base hors prix des denrées alimentaires et de l’énergie était de + 0,5 % en glissement annuel, ce qui reste stable.
Tencent Finance : Ces derniers temps, Zhou Xiaochuan, l’ancien gouverneur de la banque centrale, a émis un nouveau point de vue sur les indicateurs d’inflation, affirmant qu’il n’est plus possible que les prix des actifs ne soient pas inclus dans le calcul de l’inflation. Que pensez-vous de cette question ? Les indicateurs de l’inflation devraient-ils prendre en compte les prix des actifs ? Faut-il tenir compte du prix des logements ?
Yao Yang : Je pense qu’il est logique d’inclure les prix des actifs, car le niveau des prix des actifs reflète en partie le degré d’assouplissement monétaire. Mais le revers de la médaille est que l’inclusion des prix des actifs comme indicateur de l’inflation a ses problèmes. Aux États-Unis, par exemple, les actions américaines ont tellement augmenté cette année que si les prix des actions étaient pris en compte pour l’inflation, cela suggérerait que l’économie américaine se porte très bien et qu’il faudrait abandonner la politique monétaire et fiscale. Mais il est clair que ce n’est pas le cas, l’économie américaine souffre encore. Je pense donc que les décideurs politiques pourraient envisager de se référer à un indicateur distinct, qui ne serait pas mélangé à l’inflation.
Tencent Finance : à l’horizon 2021, faut-il se méfier de l’inflation ou de la déflation ?
Yao Yang : Comment l’inflation peut-elle se produire alors que la consommation n’est pas encore en hausse ? Au moins pour le premier semestre de l’année prochaine, la possibilité d’inflation est extrêmement faible, et je ne suis pas trop inquiet.
Tencent Finance : Une situation semble confuse, l’IPC de base et l’IPP (indice des prix à la production) actuels sont à des niveaux similaires par rapport à l’an dernier à la même période, l’argent ultra facile n’a pas déclenché l’inflation, alors où est allé l’argent ?
Yao Yang : C’est très simple : aux actifs, au marché de la dette, à la bourse.

Défaut des entreprises d’état

Tencent Finance : Le récent marché des obligations a connu des fluctuations spectaculaires, et les entreprises d’État notées AAA ont également fait défaut. Comment comprendre ? Est-ce le résultat de raisons historiques ?
Yao Yang : Je pense personnellement que c’est l’intention du régulateur de libérer le risque à titre d’essai. « L’autorité de régulation a envoyé un signal fort au marché, indiquant qu’il n’y a plus de confiance dans les entreprises publiques. Dans le processus de désendettement, nous avons déjà brisé la confiance des entreprises privées, et maintenant c’est au tour des entreprises publiques.
En plus de cela, il y a un côté positif. Le plus grand problème de la réforme mixte des entreprises d’État, qui a été difficile à faire avancer au fil des ans, est que la dette est trop élevée. Plusieurs entreprises qui ont fait défaut cette fois-ci, comme Shenyang Machine Tool, Brilliance Group, qui ont des dettes d’un montant astronomique, et il est beaucoup plus facile de réorganiser ces entreprises en faillite après un défaut de paiement et de procéder ensuite à une réforme hybride.
Je pense donc que cette série de défauts de paiement sur les dettes de crédit a non seulement permis de discipliner sérieusement le marché, mais aussi de promouvoir la réforme mixte des entreprises d’État, faisant d’une pierre deux coups.

Risques financiers

Tencent Finance : Comment voyez-vous l’évolution du problème de la dette ? Est-il possible que la Chine connaisse une crise de la dette de grande ampleur similaire à la crise des subprimes aux États-Unis en 2008 ?
Yao Yang : Je crains qu’il y ait une défaillance importante des obligations d’investissement en 2021. Cette année, l’échelle d’émission des obligations d’investissement urbain a atteint un nouveau sommet, depuis le 9 décembre, 4,1 billions de yuans. D’autres dettes arriveront probablement à échéance l’année prochaine.
Si un défaut de paiement important se produit, je pense que la seule solution reste l’échange de dettes comme durant le cycle de 2014, où la dette longue est remplacée par une dette courte. Mais je ne pense pas qu’une grande crise de la dette va se former, et les régulateurs ne resteront pas les bras croisés. Dans cette série de défauts de paiement des dettes des entreprises d’État, le nombre n’est pas important, mais chacun fait beaucoup de bruit, le but est de le signaler au marché.
Tencent Finance : En plus des entreprises d’État et des obligations d’investissement urbain, nous constatons que les produits financiers et la gestion de patrimoine commencent à connaître des défauts. Comment voyez-vous l’impact de la « rupture du taux de change rigide » sur le système financier chinois ?
Yao Yang : La direction générale est correcte. D’une part, nous devons établir une discipline de marché de cette manière ; d’autre part, nous devons nous méfier de la formation d’une chaîne de défaillances qui détruirait la confiance de l’ensemble du marché financier. En d’autres termes, les défauts, localement, devraient en avoir, et le tout devrait être contrôlé.
Ce que je veux dire ici, c’est que tout en renforçant la discipline, nous devons aussi trouver des moyens de renforcer le financement direct. Les sociétés d’innovation financière comme Ant jouent en fait un rôle dans la finance directe, et nous ne pouvons pas écarter l’innovation financière de manière générale tout en renforçant la réglementation.

Resserrement monétaire

Tencent Finance : Dans un tel contexte, peut-on parler de resserrement de la politique monétaire ? L’un des points contradictoires du débat sur le marché est de savoir s’il faut stopper l’assouplissement.
Yao Yang : Maintenant, la discussion pose la question si c’est le bon moment. Je ne crois pas qu’il faille changer quelque chose actuellement, ce ne serait pas favorable à l’économie chinoise. L’un des problèmes majeurs de la reprise économique actuelle de la Chine est le déséquilibre entre la reprise des grandes entreprises et celle des petites entreprises. La reprise économique de la Chine est principalement tirée par l’investissement et l’immobilier. Ce sont surtout les grandes entreprises qui se redressent, mais la reprise des PME n’est pas bonne. Jusqu’en octobre, le PMI des PME était en dessous de la ligne de Ronggu ( indice de mesure de confiance des chefs d’entreprise) , ce qui indique que les attentes sont toujours mauvaises. À l’heure actuelle, la croissance économique a encore besoin de beaucoup de soutien en matière de crédit, et la reprise PME a également besoin de beaucoup de soutien financier. Si l’assouplissement de la politique monétaire est supprimé, la reprise des PME sera touchée, et même leur survie sera en danger.
Les PME sont la clé de la stabilité de l’emploi, et ce n’est que lorsqu’elles se redresseront complètement que l’économie chinoise se redressera complètement. Par conséquent, le moment où il convient de se retirer de la politique d’assouplissement macroéconomique dépend de la reprise des PME, et la politique d’assouplissement sera envisagée une fois que l’indice PMI des PME sera stabilisé au-dessus de la ligne de Ronggu.

Le financement social 

( Le financement social 社融 fait référence aux financement de l’économie réelle, qui ‘n’inclut pas les banques nationales traditionnelles et le gouvernement.)
Tencent Finance : Ces deux jours, nous avons discuté de beaucoup de sujets, la croissance du financement social n’est pas au mieux, qu’en pensez-vous ?
Yao Yang : Nous aimons utiliser les macro-indicateurs de la finance sociale, de la dette et de la monnaie pour observer l’économie chinoise, mais ce n’est pas scientifique. Le financement direct est très faible et repose principalement sur le financement indirect. Les banques ont peur et refusent de prêter aux petites et moyennes entreprises (PME) en raison de leur faible résistance au risque.
Je fais souvent une analogie : vous avec un étang de poissons, et il y a des gros poissons et des petits poissons dedans. Vous voulez économiser de la nourriture, le résultat est que les gros poissons sont pleins, les petits poissons ne peuvent pas manger et meurent de faim. Vous voulez que les petits poissons grandissent aussi, soit en les nourrissant davantage, soit en vous débarrassant des gros poissons. Dans cette analogie, l’alimentation est la finance sociale, les gros poissons sont des entreprises d’État, les petits poissons sont des entreprises privées, petites, moyennes et microentreprises. Si vous voulez résoudre le problème du financement des entreprises privées, des petites, moyennes et microentreprises, vous devez réformer les entreprises d’État afin que tout le monde soit sur la même ligne de départ, mais c’est très difficile.
La taille du financement social est importante car il y a un manque de fonds, on ne peut pas simplement dire que le taux de croissance du financement social est rapide, nous devons trouver les raisons dans le secteur financier. En dernière analyse, c’est parce que notre système financier n’est pas assez développé et solide. Pour le désendettement, la direction est bonne, mais la manière et la méthode sont discutables, nous devrions faire en sorte que la réglementation soit en place.
Nous devons être conscients de tout cela et regarder l’économie chinoise avec moins d’indicateurs macro, nous devons encore regarder au niveau micro et si les endroits qui devraient obtenir des financements les obtiennent.

Les déconvenues d’Ant

Tencent Finance : Vous parlez des problèmes du système financier chinois, ce qui me fait penser à un grand événement sur le marché boursier cette année, à savoir la suspension du processus d’entrée en bourse d’Ant Financial. Est-il commode pour vous de faire des commentaires à ce sujet ? Reflète-t-elle certaines des tendances changeantes dans la réglementation du secteur financier chinois ?
Yao Yang : Je pense qu’il est évidemment inapproprié pour Jack Ma d’écarter les réalisations de la réglementation financière chinoise ces dernières années dans un forum public. Mais nous ne pouvons pas écarter son observation du système financier chinois pour cette raison, et je pense que son discours reflète les pensées réelles de certains entrepreneurs privés.
Comme je l’ai dit précédemment, le système financier de la Chine doit être amélioré et le développement financier est encore loin d’être adéquat, en particulier dans le domaine de la finance directe. Ant a utilisé le système du contrôle des risques pour prêter des fonds bancaires, jouant ainsi le rôle de financeur direct. Il s’agit, après tout, d’une innovation qui ne peut être rejetée dans sa totalité. Bien sûr, il y a des problèmes de réglementation. Selon le règlement, les petits prêteurs ne peuvent utiliser que leurs propres fonds pour prêter, mais Ant par le biais d’opérations financières a proposé un effet de levier, très élevé.
Je pense que le plus gros problème qui ressort de l’affaire Ant réside dans le manque de communication entre les institutions financières émergentes et les autorités de régulation, ce qui entraîne un fossé cognitif entre les deux. Les institutions financières plus anciennes communiquent très fréquemment avec les régulateurs financiers, tandis que les institutions financières émergentes communiquent rarement avec les régulateurs.

La victoire de Biden 


Tencent Finance : Biden a gagné les élections, les relations sino-américaines peuvent-elles se détendre ? Pensez-vous que l’orientation politique de Biden est une bonne nouvelle pour l’économie chinoise ?
Yao Yang : A mon avis, c’est en général une bonne nouvelle, et les relations entre la Chine et les Etats-Unis ne seront pas plus mauvaises. Il est peu probable que Biden accentue la résistance à la Chine. M. Biden s’adresse aux Américains les plus démunis, il n’est donc pas enclin à pratiquer des tarifs élevés, car les coûts engendrés par la hausse des tarifs sont en fait supportés par les consommateurs américains, en particulier les consommateurs qui ont une consommation moyenne et bas de gamme. En outre, Biden n’est pas enclin à ce que les États-Unis et la Chine mènent une guerre technologique. Pour les entreprises américaines, ça reviendrait à « tuer mille ennemis et tout en sacrifiant huit cents membres de ses forces 杀敌一千,自损八百 ».
Mais à court terme, en raison de la pression et des contraintes de la politique intérieure, en particulier au sein du Parti républicain qui contrôle toujours la majorité des sièges du Sénat, il est peu probable que M. Biden fasse immédiatement des concessions substantielles à la Chine.
Je pense qu’avec une Chine plus proactive, les relations entre les États-Unis et la Chine pourraient s’améliorer. L’administration Biden a récemment déclaré qu’il était important de travailler avec la Chine dans des domaines tels que le changement climatique, la santé mondiale et la non-prolifération nucléaire. Je pense que, au moins dans ces domaines, la Chine peut être plus proactive et qu’il y a beaucoup de place pour la coopération entre les deux pays.
Tencent Finance : Le marché s’attend à ce que Biden fasse pression pour une deuxième série de mesures de relance budgétaire, quel impact cela aura-t-il sur le dollar ?
Yao Yang : Je pense qu’on ne peut pas simplement le supposer comme ça. D’autant plus que les Républicains détiennent toujours la majorité des sièges au Sénat, il est difficile pour Biden de lancer un plan de relance de près de 1 000 milliards de dollars.

La croissance du PIB de la Chine l’année prochaine peut atteindre au moins 7 %, mais 9 % est difficile

Tencent Finance : Les sociétés américaines Pfizer et Moderna affirment toutes deux que leur vaccin est efficace à plus de 90 %. Le China National Pharmaceutical Group a officiellement soumis une demande à la State Drug Administration pour commercialiser un vaccin ; un vaccin chinois se profile également à l’horizon. Quel sera l’impact sur l’économie de l’année prochaine des progrès de la mise au point de vaccins au-delà des attentes ?
Yao Yang : L’impact sera très important, et le vaccin est une aubaine pour le monde entier. On estime que la plupart des gens pourra être vacciné en milieu d’année, puis que la population mondiale se porte bien et que l’activité économique puisse reprendre.
Tencent Finance : Quelles sont vos prévisions globales pour l’économie chinoise à l’horizon 2021 ? Quels sont les principaux risques auxquels elle est confrontée ?
Yao Yang : Dans l’ensemble, je suis optimiste, un taux de croissance du PIB de 7 ou 8 % est pratiquement garanti. Le risque est que la consommation reste lente. Les exportations de la Chine ont été bien meilleures que prévu au cours du second semestre de cette année, mais cette situation n’est pas viable car la production des autres pays ne s’est pas encore redressée. Alors que le monde revient lentement à la normale, les exportations chinoises devraient s’affaiblir au cours du second semestre de l’année prochaine, et pourraient même devenir négatives en raison de la base élevée de cette année. Si la consommation ne rattrape pas son retard d’ici là, la croissance économique de la Chine n’atteindra probablement pas 9 %.
Tencent Finance : Vous voyez qu’un taux de croissance d’environ 7 ou 8 % l’année prochaine est relativement sûr, mais vous avez également mentionné que les exportations peuvent connaître une croissance négative et que la consommation risque de ne pas pouvoir décoller. Selon vous, quel est le principal facteur qui pousse l’économie chinoise à atteindre un taux de croissance de 7 ou 8 % ?
Yao Yang : Le point de départ est assez bas. L’économie chinoise a connu une croissance négative de 6,8 % au cours du premier trimestre de cette année, de sorte qu’une croissance positive au cours du premier trimestre de l’année prochaine devrait atteindre plus de 10 %, voire plus de 20 %, contribuant à un quart du PIB annuel. Par conséquent, il n’y a pas lieu de s’inquiéter du taux de croissance économique de la Chine l’année prochaine.

Le marché immobilier chinois continuera à être divisé, le déséquilibre de l’urbanisation et le système d’enregistrement des ménages en sont la cause profonde

Tencent Finance : Vous venez d’évoquer la situation au ralenti du capital, cela peut-il aussi expliquer plusieurs phénomènes majeurs sur le marché de l’immobilier cette année ? Cette année, le marché immobilier de Shenzhen a souvent suscité des débats animés : les prix élevés des propriétés de luxe en avril et une nouvelle fièvre des prix en novembre. Pensez-vous qu’il y a un afflux de capitaux sur le marché de l’immobilier en raison de la baisse des taux d’intérêt ? Quelle est la cause profonde des problèmes du marché immobilier chinois ?
Yao Yang : La racine du problème sur le marché immobilier chinois réside dans la polarisation des prix des logements due à une urbanisation déséquilibrée. En moyenne, dans toute la Chine, la surface de logement par habitant atteint plus de 35 mètres carrés, dépassant ainsi certains de nos pays ou régions voisins (comme le Japon et Hong Kong). Le problème est que la Chine est toujours en cours d’urbanisation, et l’idée d’une nouvelle urbanisation est de concentrer la population dans certaines grandes zones urbanisées, notamment le delta de la rivière des Perles, le delta du Yangtsé, Pékin-Tianjin-Hebei, Wuhan et d’autres villes centrales, et avec l’afflux de population, les prix des logements dans ces villes vont augmenter.
Afin de stabiliser, voire de réduire le prix des logements dans les villes centrales, nous devons laisser les villes centrales et les villes environnantes se développer de concert, et permettre à la population de se disperser en mettant en place des transports ferroviaires et des villes satellites.
Tencent Finance : Vous avez mentionné précédemment que le système d’enregistrement de la population est l’une des raisons de la faible qualité de l’urbanisation en Chine.
Yao Yang : Oui, le problème avec le système d’enregistrement de la population est le bien-être social qui le sous-tend, comme la scolarisation des enfants et les examens d’entrée à l’université, et la disparité des services publics entre les différentes villes est trop importante.
Je suggère fortement un système d’examen national d’entrée à l’université qui réserve un certain nombre de places à certains étudiants pour qu’ils puissent passer l’examen national d’entrée à l’université, sans tenir compte de leur inscription au lycée et de leur lieu de résidence, de sorte que la plus grande partie de l’aide sociale sur le système d’inscription des ménages soit supprimée.
Tencent Finance : En 2020, nous avons entendu beaucoup de nouvelles sur les réductions de prix et les promotions des sociétés immobilières, et sur la baisse des prix des maisons dans des villes comme Wuhan, Zhengzhou, Tianjin, Pékin et Qingdao ; mais nous connaissons également les fortes hausses de prix à Shenzhen et Hangzhou, et nous avons vu des données sur les prix des maisons montrant que le prix moyen des maisons neuves et d’occasion augmente dans tout le pays. C’est la confusion, quel est le schéma du marché immobilier en 2020 ?
Yao Yang : J’ai mentionné plus tôt la polarisation des prix des logements due à une urbanisation déséquilibrée. Sauf pour Pékin qui est quelque peu particulier en raison de la restriction de l’afflux de population.
Je pense que c’est une bonne chose et que cela reflète les fondamentaux de l’économie chinoise. À l’avenir, les prix de l’immobilier dans les différentes villes chinoises divergeront tous au fur et à mesure que la géographie économique se réajustera.

Tencent Finance : Le yuan a été relativement fort cette année. Comment prévoir l’évolution du yuan en 2021 ? Continuera-t-il à s’apprécier ?
Yao Yang : Je m’attends à ce que le yuan s’apprécie au cours du premier semestre de l’année prochaine. D’une part, l’économie chinoise connaît une croissance rapide et attire des flux de capitaux étrangers ; d’autre part, l’excédent du commerce extérieur devrait augmenter, de sorte que sa demande pourrait également augmenter. Au second semestre, le taux de change se stabilisera probablement.
Tencent Finance : L’indice s’est élevé à 3400 points, que pensez-vous de la valorisation actuelle ? Quelles sont vos attentes pour les actions A l’année prochaine ?
Yao Yang : Dans l’ensemble, le marché boursier chinois reflète les fondamentaux économiques, et lorsque l’économie chinoise entrera dans une phase d’expansion, les prix des actions augmenteront. Je pense que la Chine entrera dans un nouveau cycle d’expansion l’année prochaine, et il est raisonnable que les prix des actions augmentent. La plus grande crainte est que le marché haussier lent se transforme en marché fou, ce qui n’est pas propice au développement sain du marché boursier chinois, et il faut envisager une réglementation à cet égard, en gardant un œil sur les placements de gré à gré.

Source : 腾讯财经深度专访姚洋:之前打破了民企信仰 现在国企信仰也没有了

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21 décembre 2020

Nankin en tête

La capital du Jiangsu, Nankin, à 300 km à l’ouest de Shanghai, affiche une économie dynamique. Son PIB par habitant a même ravi la première place en Chine. Le Bureau de recherches Trigger Trend décrit les atouts et les points faibles de cette ancienne capitale de la Chine.

PIB par habitant, première


Nankin, après des années de profil bas, a pris la tête de la croissance des grandes villes chinoises. Au cours des trois premiers trimestres de cette année, son PIB a augmenté de 3,3 % en glissement annuel. Une seule autre cité dépasse 3% parmi les villes de premier plan, Hangzhou avec 3,2%. Au premier trimestre, la croissance a atteint 1,6 %; Nankin est la seule des grandes villes du pays à afficher une croissance positive au cours de ce trimestre. Ainsi, la capitale du Jiangsu entre dans le club des dix plus grandes villes économiques du pays à la 9e place.
En 2019, elle était déjà devenue numéro un en termes de PIB par habitant parmi les 31 capitales provinciales avec 165 700 yuans (= 25 350 USD). Pékin et Shanghai reste derrière avec 164 200 et 155 700. Les autres grandes capitales Guangzhou, Hangzhou, Wuhan, Changsha et Chengdu atteignaient 156 400, 152 500, 145 500, 137 900 et 103 400.

Croissance du PIB par habitant : X 10


En 2000, le PIB par habitant atteignait seulement 16 400 yuans, ce qui équivalait à seulement 68% de celui de Canton (23 900) et 81% de celui de Hangzhou (20 100). En 2010, il ne représentait que 75% de celui de Canton et 92% de Hangzhou.
En 2019, cependant, il a dépassé les deux dernières, et bien que ces deux chiffres ne reflètent pas l’ensemble de la réalité, ils montrent la croissance rapide de la ville. En fait, au cours des deux dernières décennies, son taux de croissance a enregistré la plus grande vélocité par rapport à Canton, Hangzhou, Chengdu, Wuhan et Suzhou.
Le graphique ci-dessous montre les multiples du PIB en 2019 pour les cinq villes et Suzhou par rapport à 2000 et 2010 :

PIB CANTON wuhan chengdu nankin

En 2019, le PIB de Nankin était 13,74 fois plus élevé qu’en 2000, avec un multiple bien plus grand que les autres. De 2010 à 2019, il est sensiblement plus important que celui de Guangzhou, Hangzhou et Suzhou, mais il est inférieur à celui de Chengdu et Wuhan, qui ont bénéficié de transferts industriels massifs.

PIB par habitant et structure de la population

Le PIB par habitant n’est pas une mesure complète du niveau de développement d’une ville, notamment en raison de caractéristiques conjoncturels chinois, développement et construction du pays. Le numérateur du PIB par habitant est le PIB total et le dénominateur est la population résidente d’une ville. La population résidente comprend les personnes âgées, les enfants et les autres personnes sans emploi, le niveau du PIB par habitant dépend dans une large mesure de la proportion de la population active dans la population résidente. Comme la majorité des travailleurs dans l’industrie sont des travailleurs migrants, les types de villes présentent des différences particulièrement importantes dans la part de la population active de la population résidente. Les travailleurs migrants sont souvent seuls. Les villes, avec une forte proportion d’industries et un grand nombre de travailleurs migrants, auront une part de population active nettement plus élevée que les autres villes, car les personnes âgées, les enfants et les autres personnes sans emploi sont peu nombreux, le dénominateur est faible, de sorte que le PIB par habitant sera sensiblement plus élevé que dans d’autres villes ayant un niveau de développement à peu près comparable. Pour cette raison, Shenzhen et Suzhou ont un PIB par habitant plus élevé que celui de n’importe quelle municipalité et capitale provinciale, même Pékin, Shanghai et Nankin.
Le ratio des secteurs primaires, secondaires et tertiaires de Nankin est de 2,1/35,9/62,0. La part de l’industrie manufacturière est à peu près comparable à celle des autres capitales provinciales à des niveaux de développement similaires. Elle ne compte pas un nombre particulièrement important de travailleurs, ce qui la rend plus comparable aux autres capitales provinciales en termes de PIB par habitant.

Comment Nankin a pu prendre la tête ? 

 Comparée à Canton, Wuhan, Chengdu et Hangzhou, la ville avait moins d’atouts dans le passé.
Canton, centre régional de la Chine du Sud, plaque tournante naturelle pour les transports, pivot commercial, référence pour l’ouverture dans les années 1970 et 1980, attirait des entreprises étrangères de premier plan telles que Procter & Gamble.
Wuhan et Chengdu sont les leaders du centre et du sud-ouest de la Chine, respectivement. Wuhan est la capitale du Hubei, d’une population de 60 millions, Chengdu du Sichuan, avec 90 millions. Les deux provinces n’ont qu’une seule ville de haut niveau et un arrière-pays très peuplé, ces deux villes sont devenues gagnantes en absorbant les travailleurs migrants et en prenant en charge le transfert industriel.
Hangzhou a de nombreux atouts. Très active, elle figure au quatrième rang national pour le nombre de sociétés. La capitale du Zhejiang regroupe des industries traditionnelles comme la mécanique et les produits chimiques représentées par Wanxiang, des marques de grande consommation, telles Wahaha, Nongfu, et des groupes puissants. Alibaba est le plus célèbre. 

Les atouts de Nankin
Par rapport à ces quatre villes, Nankin n’a pas de « label » clair.
Elle est reconnue comme la « troisième ville » de l’éducation, avec des universités très prestigieuses Elles touchent divers domaines tels que les arts, les sciences, l’ingénierie, l’agriculture et la médecine; l’exhaustivité de sa couverture des disciplines est forte. La province du Jiangsu est la première en nombre d’universités, voir ici. Ces établissements confèrent à la ville de grandes ressources. 
A la jonction des lignes ferroviaires Pékin-Shanghai et Pékin-Hangzhou et de la voie navigable de Yangtze, elle bénéfice d’un bon positionnement pour le transport. La capitale est située presque au sommet nord-ouest de l’étroit delta du Yangtze, ce qui signifie que le trafic du delta du fleuve Yangtze vers le nord et en amont du fleuve doit passer par ce nœud clé.
La consommation par habitant en 2019 s’élevait à 72 100 yuans, bien plus que celle de Wuhan (66 400) et de Guangzhou (65 100), elle se classe au deuxième rang des dix premières villes, elle est la seule ville de Chine à avoir une consommation par habitant supérieure à 70 000 yuans. 
Nankin a mis l’emphase sur l’innovation scientifique et technologique et sur l’industrie et les services.
De 2014 à 2016, la taille des investissements industriels dans les grandes villes a généralement diminué en raison du changement de mode de croissance économique. Nankin est devenue la ville avec la plus grande valeur d’investissements industriels dans les provinces du Jiangsu et du Zhejiang depuis 2018.  Le taux de croissance des investissements industriels est redevenu positif à partir de 2017, avec une croissance en glissement annuel de 8,9% et 10,2% en 2018 et 2019, respectivement. En 2019, l’investissement industriel a augmenté à 178,376 milliards de yuans + 10,2%, maintenant une avance sur Suzhou (119,92 milliards) et Wuxi (153,176 milliards).  Ceux dans la fabrication de haute technologie ont grimpé de 48,2 % par rapport à l’année précédente. Au cours de l’année, les robots industriels, les machines complètes d’ordinateurs électroniques, les circuits intégrés et les dispositifs optoélectroniques ont enregistré des taux de croissance de 8,9%, 13,5%, 36,5% et 26,3% respectivement, ce qui montre la progression soudaine de Nankin dans la fabrication haut de gamme.
La distance, qui la sépare à Shanghai (302 km), est un frein. Suzhou, à 100 km, profite davantage des retombées industrielles de sa grande voisine. En même temps, pour le secteur des services, Nankin est trop proche ; elle n’ a pas le choix, elle doit développer une économie locale forte.
Le nombre de sociétés cotées en bourse de Nankin – 118- est supérieur à celui de Chengdu – 110, Chongqing – 66 – et Wuhan – 75, mais inférieur à celles de Suzhou 156 – et Hangzhou – 209. Parmi les 500 plus grosse capitalisations boursières (Chine, Hong Kong et Etats-Unis), huit sont de Nankin, quatre de Chengdu et six de Wuhan. La valeur totale des 8 sociétés cotées est de 586 milliards, contre 284 milliards pour Chengdu et 239 pour Wuhan.
Le classement 2020 des licornes – sociétés non cotées en bourse d’une valeur de plus d’un milliard de dollars de Chine – avec onze licornes la situe à la 5e place en Chine, après Pékin, Shanghai, Hangzhou et Shenzhen.

 Une forte consommation, des investissements industriels soutenus et une économie locale relativement forte forment les atouts concurrentiels de Nankin parmi les capitales provinciales mais quels sont les points faibles?

La croissance de la population à la traîne

Il est facile de constater que la croissance démographique a été lente non seulement à Nankin mais aussi dans toute la province du Jiangsu. Hormis Suzhou et Wuxi, Nankin, par rapport aux capitales provinciales comparables reste derrière en termes de croissance démographique. Entre 2010 et 2019, elle atteint 6,19% alors que Canton, Chengdu, Hangzhou, Wuhan et Hefei affichent des chiffres bien plus forts, 20,51%, 18,3%, 19,07%, 14,58% et 43,66%. La voisine Hangzhou affiche une croissance de 1,659 million d’habitants, plus de trois fois celle de Nankin, 0,495, soit 19,07% contre 6,19%. De 2014 à 2019, l’augmentation est moins forte. A Hangzhou elle a baissé de 19,07% à 14,88% alors qu’elle est presque divisée par deux à Nankin, de 6,19% à 3,21%.
Nankin est la capitale provinciale du Sud la moins peuplée et la plus petite en superficie.

Le plafond et les poursuivants


La province du Jiangsu et la ville de Nanjing sont toutes deux confrontées à la menace du « 上有天花板、后有追兵, Du plafond au-dessus et des poursuivants derrière ».
Ce « plafond » tient dans le manque de ressources du Jiangsu et le rayonnement national faible, en particulier dans le secteur des services. L’attrait des talents n’est pas à la hauteur des très grandes villes chinoises. La « chasse » des poursuivants s’explique par un niveau d’urbanisation dans la province et des coûts de la main-d’œuvre tous élevés. Il est difficile d’attirer et conserver les travailleurs. La concurrence régionale reste forte devant le Sichuan, Chongqing, Chengdu et l’Anhui. Les performances économiques de Tianjin et de Shandong autrefois très brillantes ralentissent ces dernières années, face à un tel phénomène. Nankin et le Jiangsu doivent éviter un tel piège.

Image et attrait

Un autre point réside dans les insuffisances de l’image et du marketing de la ville. Il lui manque une « présence » ces dernières années. Hangzhou, Chongqing, Chengdu, Xi’an et même Changsha et Hefei sont toutes devenues des « villes » très suivies sur les réseaux sociaux.

Avec ses atouts et son économie locale forte, la capitale du Jiangsu affiche une forte croissance. Elle doit rester sur ses gardes pour ne pas se faire dépasser par ses concurrentes locales. L’urbanisation avancée de la province et les coûts relativement élevés de la main-d’oeuvre rendent moins attractives la ville. Malgré ses points forts, elle doit renforcer son rayonnement national et élever son attractivité pour ne connaître le ralentissement de villes comme Tianjin.

Source : 即将跻身全国十强的南京,一直被很多人低估了

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Les villes chinoises sont divisées en diverses catégories reflétant leur importance et/ou leur mode de gestion. Il existe quatre villes relevant du gouvernement central 直辖市, Pékin, Shanghai, Tianjin et Chongqing. Un cercle de quinze villes comprend des cités stratégiques dont les plus hauts dirigeants sont nommés par Pékin. On les nomme villes de rang sous-provincial 副省级市, même si l’ensemble comporte des capitales de province. Le site Diyicai 第一财经 a réalisé une étude sur les prix moyens de l’immobilier des villes de ce groupe.

Prix en yuan du mètre carré ( 10 000 yuans = 1520 USD au 25/11/2020) par ville :

immobilier et villes chinoises

Shenzhen en tête

Shenzhen, sans surprise, arrive en tête avec un mètre carré à 78 722 yuans ( 12 000 USD) en octobre 2020, 1,6 fois plus élevé que la seconde ville, Xiamen, dans la province du Fujian, face à Taïwan et 7,6 fois plus que Changchun dans la province du Jilin dans le nord-est. Shenzhen a enregistré une hausse de 15,5% en glissement annuel et de 83,6% en cinq ans. Malgré les mesures prises pour enrayer l’envol des prix, le marché ne se calme pas. Il faut dire qu’il existe toute une panoplie de parades pour répondre aux mesures gouvernementales et certaines institutions financières ne manquent pas de créativité pour utiliser l’effet de levier-roi en Chine, le crédit. On peut se demander s’il existe une véritable volonté de contenir les prix de la part du gouvernement central. Des mesures sont prises, mais d’un autre côté, les vannes du crédit s’ouvrent régulièrement. Par ailleurs, le secteur de la construction et de l’immobilier rapporte beaucoup aux finances publiques, certaines municipalités en sont fort dépendantes.
L’offre et la demande sont assez déséquilibrées. Shenzhen enregistre un solde migratoire positif de 370 000 personnes alors que les nouvelles constructions atteignent en moyenne annuelle sur les trois dernières années 81 000 logements.

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Xiamen suit

Xiamen arrive après Shenzhen dans ce classement et au quatrième rang national, après Shenzhen, Pékin et Shanghai. Elle affiche le troisième PIB de sa province, le Fujian, derrière Quanzhou et Fuzhou, et figure au 33e au niveau national avec une population qui est 27e en termes de taille. En raison de ses avantages en matière d’éducation et de développement urbain, la capitale du Fujian a attiré les populations des villes voisines à haut pouvoir d’achat. Aussi, l’offre de logements ne suit pas le rythme de croissance de la population.
Canton, capitale du Guangdong et ville de premier rang, se classe troisième avec un prix moyen de 38 351 yuans, soit moins de la moitié de celui de Shenzhen, voisine dans la même province. 
Carte du Fujian :

villes du Fujian Chine


Nankin et Hangzhou, les deux capitales des provinces économiques du delta du Yangzi (Jiangsu et Zhejiang), dépassent 30 000 yuans. D’autre part, Ningbo et Qingdao, sur la côte est, se situent aux sixième et septième places avec plus de 20 000 yuans.
Carte du Zhejiang :

carte de chine Wenzhou ningbo Hangzhou

Division Nord-Sud

Après Qingdao, Wuhan au centre est huitième avec 19 021 yuans par mètre carré et Chengdu neuvième. Elles dépassent Jinan, la capitale du Shandong, la troisième province économique. Il est à noter que Wuhan et Chengdu présentent non seulement les niveaux de prix des logements les plus élevés du centre-ouest, mais elles contiennent aussi les deux pôles de haute technologie les plus importants de la région. Le niveau de développement industriel est la base la plus importante des prix des maisons.
Dans l’ensemble, les prix de l’immobilier de ce groupe 15 villes montrent une division nord-sud, le peloton de tête se trouve dans le sud-est alors que la queue figure dans le nord-est. La Chine du Sud est suivie par le delta du Yangzi, le Shandong et le Centre-Ouest.
Les niveaux de Changchun, 10 303 yuans par mètre carré, et Harbin, avec 10 990 yuans montrent des niveaux de prix inférieurs à de nombreuses petites et moyennes villes du Jiangsu, du Zhejiang et du Fujian.
La différence de prix des maisons entre les villes du nord et du sud est liée au développement économique de ces dernières années, en particulier au développement des industries émergentes et au flux de population, mais aussi à la structure économique et à la topographie. La région nord-est  est principalement constituée de plaines, tandis que le sud, en particulier la côte sud-est du Zhejiang, du Fujian et du Guangdong, est plus montagneuse et moins plate, si bien que l’offre de nombreuses villes est limitée.
Par ailleurs, la différenciation régionale de la dynamique de l’immobilier est très évidente alors que le delta de la rivière des Perles et le celui du Yangzi progressent, le Shandong, le Nord-Est et d’autres endroits, sont en recul. Selon les données, en octobre, les prix logements Jinan ont baissé de 0,3 % et de 2,7 % en glissement annuel, à Qingdao de 0,4 % et 2,8 % sur un an,  à Changchun, 0,5 % et à Harbin, de 0,4 % en glissement annuel. Le développement des nouvelles industries et la mobilité de la population ont un rôle important dans ces fluctuations.

Ces chiffres nous permettent de percevoir la dynamique de l’économie et les différences cruciales entre les régions prospères du Sud, notamment et celles du nord-est qui n’ont pas pu changer leur mode de développement, alors que le centre-ouest commencé a émergé. Vous pouvez lire les articles connexes pour mesurer les facteurs des dynamiques régionales.

Source : 15个副省级城市房价变化:深圳是长春7.6倍,4城在下跌

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25 novembre 2020

Vers 750 millions d’habitants en Chine?

Le vieillissement de la Chine fait partie des principaux défis que le pays affronte (voir l’article ici). Les débats sur la libéralisation et l’autorisation d’avoir un troisième enfant se multiplient. Le 25 octobre, l’économiste Ren Zeping 任泽平 a publié un rapport annuel sur la démographie qui propose de redonner l’autonomie au couple en matière de naissance et d’avoir un troisième enfant. Pour lui, sans changement, le pays fait face à une baisse de la population qui pourrait la ramener à 750 millions de personnes à la fin du siècle. L’étude commençait ainsi : « Le nombre de naissance en Chine continue de baisser, le désir d’avoir des enfants a considérablement diminué et le vieillissement s’accélère 中国出生人口持续下降,生育意愿大幅降低,老龄化加速到来. » Il a divisé son analyse en trois volets : 1. Le vieillissement de la Chine s’accélère à l’approche du pic démographique, 2. Trois idées fausses largement diffusées sur la population chinoise3. Recommandation politique : Encourager les naissances dès que possible, et s’occuper activement du vieillissement de la population.
Il analyse les causes de ce vieillissement à tous les niveaux, économique, naturel et politique. Il montre les erreurs de diagnostic des fonctionnaires décisionnaires et indique les mesures concrètes qui doivent accompagner la libéralisation des naissances. La suite de cet article est un résumé de son travail, riche d’informations.

Le vieillissement de la Chine s’accélère à l’approche du pic démographique

1.1 Le taux de natalité de la Chine continue de baisser

Baby-boom puis chute des naissances
La République Populaire de Chine a connu trois vagues de baby-boom, avec une moyenne de naissance de 21 millions par an en 1950-1958, 26,28 millions en 1962-1975 et 22,46 millions en 1981-1994, avant de retomber progressivement à environ 16 millions en 2003-2012, dont 16,35 millions en 2012. Le taux de natalité est passé de 6 avant les années 1970 à 2 en 1990, puis à environ 1,5-1,65 après 2010. Le quatrième cycle du baby-boom devait arriver après 2010, mais la longue période de planification familiale très stricte l’a remporté. Dans ce contexte, la politique de l’enfant unique a finalement été assouplie, fin 2012, mais les résultats ont été inférieurs aux attentes, avec 16,4, 16,87 et 16,55 millions de naissances en 2013-2015.Fin 2015, la libéralisation complète de la politique des deux enfants a suscité une hausse des naissances en 2016 avec 17,86 millions, signant un pic depuis 2000 ; mais la tendance ne s’est pas confirmée en 2017 et la chute a repris : 2017, 17,25 ; 15,23, 2018 et 14,65, 2019.

La baisse des naissance s’accélère
Naissance pour 10 000 personnes
Estimation

vieux chine

Les causes
La réduction significative de la diminution du nombre de naissances en 2019 est principalement due à la réduction du nombre de femmes en âge (15 à 49 ans) de procréer en 2018. Les données le montrent : 4,91, 3,98, 7,15 et 5,02 millions de 2016 à 2019. Le nombre de femmes de 20 à 35 ans, qui représentaient plus de 85 % des naissances, a diminué de 1,94, 2,64, 3,98 et 3,31 millions, Le taux de natalité a bondi à 1,7 en 2016, ce qui représente une hausse significative par rapport à 2015, il a légèrement baissé en 2017, a diminué de manière significative pour atteindre environ 1,5 en 2018, et est restée pratiquement inchangée en 2019. 
Les coûts directs du logement, de l’éducation et des soins de santé élevés, une retraite à préparer inhibent le « comportement reproductif ». Premièrement, les prix du logement augmentent rapidement, le ratio montant des emprunts immobiliers de la population/revenus disponibles 居民房贷余额/可支配收入est passé de 16,2 % à 47,6 % de 2004 à 2018, poussant le taux d’endettement de 28,6 % à 88,4 %. Le coût de l’éducation a sensiblement augmenté, d’autant plus que l’offre de jardins d’enfants publics est très insuffisante, ce qui oblige les familles à choisir des jardins d’enfants privés plus coûteux, et que certaines écoles ont transformé les « devoirs à la maison » en devoirs parentaux, rendant l’éducation des enfants très difficile ; le nombre d’enfants fréquentant les jardins d’enfants publics en Chine est passé de 95 % à 43 % entre 1997 et 2018. Les coûts médicaux ne cessent de monter, les dépenses de santé ayant été multipliées par 27 entre 1995 et 2018, soit bien plus que l’augmentation de 9,2 fois du revenu disponible. Quatrièmement, la structure familiale « 4-2-1 » des couples avec un seul enfant nécessitant la prise en charge des grands-parents, constitue un obstacle au désir de donner le jour à des enfants.
L’écart entre le taux d’activité des femmes et des hommes en Chine s’est creusé de 11,6 à 14,8 points de pourcentage entre 1990 et 2019, à l’inverse de la tendance des pays développés, comme aux États-Unis, dans l’Union européenne et au Japon.

1.2 La population chinoise vieillit rapidement et entrera dans une société profondément vieillissante en 2022

Trop vieille, trop vite
En 2019, la population chinoise âgée de 65 ans et plus représente 12,6 %. Aux États-Unis, au Japon et en Corée, où la proportion de la population âgée a atteint 12,6 %, le PIB par habitant est à plus de 24 000 dollars, alors que la Chine touche le seuil des 10 000. Le niveau de vieillissement de la Chine a augmenté en moyenne de 0,2% par an de 2001 à 2010 et d’environ 0,4% de 2011 à 2018., Au niveau mondial, en 2019, la Chine se classait au 61e rang des économies en termes de degré de vieillissement, soit 2,2 points de plus que les économies à revenu intermédiaire supérieur. En 2019, la proportion de la population mondiale âgée de 65 ans et plus approchait 9,1 %, 18,0 % et 10,4 % dans les économies à revenu élevé et celles à revenu intermédiaire supérieur ; les trois premières économies en termes de degré de vieillissement mondial sont le Japon, l’Italie et le Portugal, avec des proportions respectives de 28,0%, 23,0% et 22,4%. En termes de comparaison internationale entre le degré de vieillissement et de niveau de développement économique, les États-Unis, le Japon, la Corée et la Chine ont atteint un PIB par habitant de 10 000 dollars en 1978, 1981, 1994 et 2019 respectivement, alors que la proportion de la population âgée de 65 ans et plus était de 11,2 %, 9,2 %, 5,8 % et 12,6 %, respectivement. Les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et la Chine ont atteint 12,6 % de la population âgée de 65 ans et plus en 1990, 1992, 2015 et 2019, alors que le PIB par habitant était de 24 000, 30 000, 27 000 et 10 000 USD.
En termes de tendance de développement, la population chinoise vieillit à une vitesse et à une échelle sans précédent, et entrera dans une société profondément vieillissante représentant plus de 14 % en 2022, et une société super-vieillissante représentant plus de 20 % vers 2033, après quoi elle continuera à augmenter rapidement pour atteindre environ 35 % en 2060. Avec la baisse des taux de natalité et l’augmentation de la longévité, le vieillissement est un phénomène mondial, mais la Chine vieillit à un rythme sans précédent en raison de sa longue histoire de planification familiale. Par rapport à la situation dans les pays développés, il a fallu 126 ans à la France, 46 ans au Royaume-Uni, 40 ans à l’Allemagne et 24 ans au Japon (1971-1995) pour passer du vieillissement, 7 % de la population âgée de 65 ans et plus, au vieillissement profond, plus de 14 % ; 28 ans étaient nécessaires à la France (1990-2018) et 24 ans à l’Allemagne (1971-1995) pour passer du vieillissement profond au super vieillissement avec plus de 20 % de la population âgée. La population chinoise âgée de 65 ans et plus dépassait 7 % en 2001, et est entrée dans une société vieillissante. On s’attend à ce que la Chine devienne une société profondément vieillissante en 2022, puis une société super-vieillissante dans 11 ans, c’est-à-dire vers 2033. De plus, en raison de sa large base de population, la population âgée de la Chine est également sans précédent : en 2019, la population chinoise de 65 ans et plus atteignait 176 millions, et devrait dépasser 376 millions d’ici 2050 et culminer à 414 millions en 2058, date à laquelle environ un Chinois sur trois aura 65 ans ou plus. En 2019, la Chine comptera plus de 32 millions de personnes âgées de 80 ans et plus, soit 2,3 % de la population. On prévoit qu’il y en aura environ 53 millions en 2030, soit 3,8 % de la population, 130 millions en 2050, soit 10,3 % de la population ; un pic de 174 millions en 2073, soit 17,1 % de la population, et 156 millions en 2100, soit 20,8 % de la population.

Accélération de la proportion des personnes âgées :

Population des personnes âgées ( à partir de 65 ans) en centaines de millions, à gauche
Proportion, à droite



Limitation de la compétitivité
En outre, l’âge médian de la population chinoise est passé de 21,9 à 36,5 ans entre 1980 et 2015, et devrait atteindre 43,0 et 50,7 ans en 2030 et 2050, respectivement. Au niveau international, l’âge médian de la population aux États-Unis, en Europe, au Japon et en Inde était de 37,6, 41,4, 46,4 et 26,8 ans en 2015, et il sera respectivement de 42,7, 47,1, 54,7 et 38,1 ans en 2050. D’ici 2050, l’âge médian de la population chinoise sera nettement plus élevé que celui des États-Unis, de l’Europe et de l’Inde, ce qui limitera la compétitivité internationale.

Le trou des retraites
Le vieillissement de la population rend de plus en plus évident la difficulté des recettes et des dépenses de la sécurité sociale, le trou des pensions va s’élargir. Le solde des recettes et des dépenses du fonds d’assurance sociale à la mi-2018 était de 1 162,2 milliards de yuans, et l’excédent réel après exclusion des subventions financières était de -603,3 milliards de yuans, une sixième année négative consécutive. L’assurance retraite représente 70 % du budget du système de sécurité sociale, et l’excédent réel du fonds de pension en 2018 était de -450,4 milliards de yuans, négatif depuis six années également. Le déficit actuel de la sécurité sociale est principalement dû aux dettes historiques, des entreprises d’État de l’ère de l’économie planifiée. Une partie de la population ne cotisait pas, mais elle bénéficiait de pensions. En novembre 2017, le Conseil d’État a mis en place un plan de transfert de 10 % du capital des entreprises d’État avant la fin de 2020 pour contribuer au comblement du trou. Cependant, à mesure que la population continue de vieillir, le problème du financement des pensions s’accentuera. Dans les villes, le ratio de dépendance (nombre de travailleurs actifs/retraités) est tombé à 2,55 en 2018. Quatre provinces n’arrivaient pas à joindre les deux bouts, 18 provinces avaient un délai de paiement du solde cumulé inférieur à 12 mois, et dans huit provinces, le ratio de dépendance était tombé à moins de 2. Parmi eux, le Fonds des pensions du Heilongjiang affiche des difficultés depuis 2013. En outre, à mesure que le processus de vieillissement s’intensifie, la pression sur les dépenses médicales augmentera également. Selon une enquête du Service national de santé, de 2003 à 2013, le ration nombre de patients/population enquêtée sur deux semaines des résidents des zones étudiées en Chine est passé de 14,3 % à 24,1 % ; parmi eux, le taux de prévalence des personnes âgées de 65 ans et plus est passé de 33,8 % à 62,2 %, le taux de la population âgée en 2013 était 2,58 fois plus élevé que la moyenne.

1.3 La population de la Chine a dépassé 1,4 milliard d’habitants, mais la tendance vers la baisse va commencer

Surestimation des données
En 1949,  la population de la Chine (à l’exclusion de Hong Kong, Macao et Taiwan et des Chinois d’outre-mer) était à égale à 540 millions, elle a dépassé le milliard en 1981 et 1,4 milliard en 2019. La population chinoise a mis 12 ans pour passer de 800 millions à 1 milliard d’habitants, 14 ans de 1 milliard à 1,2 milliard et 24 ans de 1,2 milliard à 1,4 milliard. Le plan national de développement démographique de 2016 (2016-2030) vise 1,42 milliard d’habitants en 2020, et pour atteindre cet objectif prévu, il faudrait une augmentation de la population chinoise d’environ 20 millions en 2020, ce qui n’est manifestement pas possible. Le Plan national de développement démographique (2016-2030) se trompe dans ses projections car il surestime l’impact de la politique globale en faveur des deux enfants sur l’augmentation de la fécondité. En effet, il prévoit que le taux de natalité se situera autour de de 1,8 en 2020 et 2030, ce qui donnerait un pic de la population à 1,45 milliard vers 2030.
Les Nations unies ont également surestimé la croissance démographique de la Chine, le scénario chinois prévoyant un pic de 1,46 milliard de personnes en 2031. Les Perspectives de la population mondiale des Nations unies (2019) présentent neuf scénarios de projection de la population chinoise, le scénario moyen supposant un taux de fécondité total de 1,70, 1,72 et 1,73 pour 2015-2020, 2020-2025 et 2025-2030, respectivement, ce qui donne un sommet à 1,46 milliard de personnes en 2031. Par ailleurs, son scénario bas suppose un taux de fécondité total de 1,45, 1,32 et 1,23 pour 2015-2020, 2020-2025 et 2025-2030, respectivement, avec une population de 1,45 milliard en 2024.

750-800 millions en 2100
Nous prévoyons que la population chinoise connaîtra une croissance négative pendant la période du 14e plan quinquennal, puis qu’elle diminuera fortement à partir de 2050 et enfoncera le plancher des 800 millions d’ici 2100, la part de la Chine dans la population mondiale tombera d’environ 19 % à 7 %. Avec un taux de natalité estimé à 1,4, la population chinoise atteindra un plus haut vers 2022. Le recul est plus lent au cours des 25 à 30 premières années suivant le pic de population, mais il deviendra nettement plus rapide lorsque la population née pendant la période de forte fécondité de 1962-1975 arrivera en fin de vie. La baisse s’élèvera à 9% de 2022 à 2050, et de 22 % de 2050 à 2075, puis de 25 % de 2075 à 2100. La part de la Chine dans la population mondiale était de 22 % en 1950, elle a légèrement diminué pour atteindre environ 19 % en 2019, elle chutera à environ 7 % en 2100. Au fil de cette diminution, la Chine perdra un avantage et sa force globale sera affectée.

Prévisions sur l’évolution.
Les trois couleurs représentent les hypothèses basses, moyennes et hausse sans changement de mesures :
Unité ( à gauche) : centaine de millions

population de la chine

1.4 Disparition du « dividende » démographique et baisse du taux de croissance économique potentiel de la Chine
En termes de croissance économique, la proportion de la population en âge de travailler a atteint un sommet en 2010 et devrait diminuer de 23 % entre 2019 et 2050 ; le taux de croissance économique de la Chine est passé de 10,6 % à 6,1 % entre 2010 et 2018 ; il est sur le point d’entrer dans l' »ère des 5″. Le dividende démographique a été un facteur important dans le maintien de la forte croissance économique de la Chine dans le passé ; après la réforme et l’ouverture de 1978, la Chine a connu une croissance rapide pour devenir la deuxième économie mondiale, s’appuyant sur une main-d’œuvre nombreuse et jeune et sur l’énorme marché unifié qui en découle ; la deuxième vague de baby-boomers, de 1962 à 1975, a été la principale force de construction au cours des 40 années de réforme et d’ouverture, produisant et épargnant davantage et consommant moins, ce qui a suscité l’envol du taux d’épargne et de l’investissement. L’épargne a dépassé l’investissement et généré en partie un excédent commercial, tandis que l’excès de liquidités et la hausse du revenu par habitant ont tiré à la hausse la consommation et le taux de croissance potentiel de l’économie. Toutefois, dans un contexte de faible taux de natalité à long terme, la proportion et la taille de la population chinoise en âge de travailler (15-64 ans) ont atteint un pic en 2010 et 2013 respectivement, et le dividende démographique a disparu, ce qui a entraîné une baisse du taux de croissance potentiel de l’économie chinoise et pousse à changer de vitesse. En termes absolus, le taux de dépendance total de la population chinoise actuelle est d’environ 40 %, et la période future se trouve encore dans la « fenêtre d’opportunité démographique » (moins de 50 %) lorsque le fardeau démographique est relativement léger. Selon le recensement chinois de 2010, la population née dans les années 80, 90 et 2000 est de 219 millions, 188 millions et 147 millions respectivement. La génération des années 90 compte 31 millions de moins que la génération des 80 et celle des années 2000, 41 millions que celles des 90. Cette tendance va se poursuivre. Actuellement, l’offre de travail baisse et les coûts augmentent, une partie de la production manufacturière a commencé à migrer vers l’Asie du Sud-Est, l’Inde et d’autres pays.

Changement structurel dans la consommation
En termes de consommation, le vieillissement entraîne des changements structurels dans la consommation, comme la part des soins de santé qui augmentera progressivement. Selon la théorie de la consommation sur le cycle de vie, les personnes âgées ont une propension moyenne à consommer, le vieillissement augmentera le taux de consommation mais réduira le taux de croissance de la consommation. En Chine, la consommation en pourcentage du PIB a atteint son plus bas niveau en 2010 et est passée de 35,6 % à 39,0 % entre 2010 et 2018, tandis que le taux de croissance des dépenses de consommation a chuté de 15,3 % à 9,5 %. Il existe également des différences dans les préférences de consommation entre les différentes générations, par exemple les post-80 préfèrent la maternité et l’automobile, les post-60 et 70 l’alcool, et les pré-60 les produits pharmaceutiques et les soins de santé, de sorte que les changements dans la structure d’âge de la population ont des impacts différents sur les différentes industries. Par exemple, la tranche d’âge des 25-54 ans a atteint son point culminant en 2017, et le taux de croissance des ventes de tabac et d’alcool ralentira par la suite ; la tranche d’âge des 20-50 ans, les principaux acheteurs de logements, a atteint son point culminant en 2013, comme la superficie des nouvelles constructions résidentielles, 1,4 milliard de mètres carrés en 2011 et 2013 ; le taux de croissance de la consommation d’appareils électroménagers, de meubles, de décoration de bâtiments et d’autres industries liées à l’immobilier ont connu leur sommet en 2010 ; la tranche d’âge des 25-45 ans des principaux acheteurs de voitures a atteint son point culminant en 2003. La croissance des ventes de voitures diminue dans un contexte de volatilité, avec une croissance négative pour la première fois en 2018, mais les nouveaux véhicules à énergie ont un potentiel énorme ; le vieillissement stimule la consommation de soins de santé de 6,2 % à 7,8 % en 2013-2018.

2 Trois idées fausses largement diffusées sur la population chinoise

Depuis longtemps, la population chinoise fait l’objet d’un débat sans fin, axé sur trois aspects principaux : 1) Quelle est la taille appropriée de la population chinoise ? 2) Le nombre de personnes est-il moins important que la qualité de la population ? 3) La population chinoise devrait-elle être totalement libérée et encouragée à avoir des enfants immédiatement ?

2.1 Quelle est la taille de la population appropriée pour la Chine ?

La « théorie de la population appropriée » est la pierre angulaire théorique de la politique de planification familiale, beaucoup soutiennent ce point de vue, qui est la source de toutes les controverses. Points de vue opposés : Hu Baosheng, Song Jian, Tian Xueyuan et d’autres chercheurs ont estimé au début des années 1980 que la population appropriée de la Chine serait d’environ 700 millions de personnes en un siècle ; si aucun contrôle de la population n’est effectué, la population de la Chine pourrait atteindre 4,3 milliards d’habitants en 2080, arguant ainsi de la nécessité de la politique de l’enfant unique.
Nous pensons que, premièrement, la « population appropriée  » est un concept abstrait qui nécessite de nombreuses hypothèses à long terme, difficiles à mesurer dans une perspective historique. 
Deuxièmement, la capacité de charge de la population continue de s’améliorer avec le progrès technologique, et il n’y a pas de population statique et appropriée en termes absolus. Au milieu et à la fin du XXe siècle, l’idée d’une « explosion démographique » prévalait, et en 1948, le chercheur britannique Wiliam Voget a indiqué que la capacité de charge maximale des terres et des ressources naturelles est de 2,2 milliards de personnes, et que les êtres humains sont menacés d’extinction. Dans « The Bomb P », Paul Ehrlich, de l’université de Stanford, affirme que la population mondiale, alors estimée à 3,5 milliards de personnes, avait dépassé la capacité de charge de l’écologie de la planète et prédit des famines et des troubles incontrôlables dans les années 1970 et 1980. Aujourd’hui, la population mondiale est proche de 7,6 milliards, sans connaître, ni un épuisement des ressources, ni un effondrement de l’environnement. La capacité de charge des ressources et de l’environnement pour la population a augmenté de manière significative avec le progrès technologique. Par exemple, alors que l’homme continue à explorer le pétrole brut et le gaz naturel, le ratio mondial de stockage et de récupération du pétrole brut (réserves restantes/production de l’année) de 1980 à 2017 est passé d’environ 30 ans à 50,2 ans, augmentant plutôt que diminuant, et le ratio de stockage et de récupération du gaz naturel a également fluctué de 49,9 ans à 53,6 ans. Selon la Banque mondiale, entre 1960 et 2015, la part de la consommation mondiale de combustibles fossiles a baissé de 94,1 % à 79,7 %, et la part de la consommation d’énergie nucléaire et alternative a augmenté de 2,7 % à 13,4 %.

2.2 L’essentiel est d’améliorer la qualité de la population ; la taille de la population est-elle moins importante ?

Dans la société actuelle, l’importance du capital humain est de plus en plus importante, de plus l’intelligence artificielle va remplacer le travail manuel en grand nombre, la taille de la population est-elle encore si importante ? 300 millions de personnes aux États-Unis sont plus forts que 1,4 milliard de personnes en Chine ! Contre-argument 1 : le pouvoir national est principalement déterminé par la qualité de la population, et non par sa quantité, et des universitaires comme Li Xiaoping et Cheng Enfu affirment qu’un grand nombre moins important de personnes peut générer un PIB par habitant plus élevé.
Quantité et qualité sont importantes
Nous pensons que, premièrement, la quantité et la qualité de la population affectent conjointement le pouvoir national. D’une part, une population nombreuse est un avantage et non un inconvénient pour un pays ; le rapport entre le PIB de la Chine et celui des États-Unis est passé de 6 % à 63 % de 1978 à 2018, et selon les tendances actuelles, la production économique totale de la Chine dépassera celle des États-Unis vers 2028. Si la Chine ne comptait actuellement que 300 à 700 millions d’habitants, l’écart avec les États-Unis serait bien plus conséquent, et la voie de la renaissance nationale encore plus lointaine. D’autre part, une réduction significative de la population entraînerait la réduction, voire la disparition, d’un grand nombre de villes et d’industries. Par exemple, en 1960-2015, la population de Yubari, la capitale charbonnière du Japon, de 108 000, a plongé à 8 843 habitants, et le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans a grimpé de 9,1 % à 48,6 % en 1980-2015.  La ville a fait faillite en 2006. Selon la tendance actuelle, la population de la Chine tombera de 1,4 milliard à 750 millions d’habitants en 2019-2100, et sa part mondiale de 19 % à 7 %. Les États-Unis ont longtemps encouragé les naissances et l’introduction d’immigrants de qualité, surtout pendant les deux guerres mondiales avec un environnement stable pour attirer un large nombre et des talents. De 1900 à 2018, la population américaine, de 76,21 millions n’a cessé d’augmenter pour dépasser 330 millions. Les Nations Unies estiment qu’en 2100 elle atteindra 430 millions, ce qui joue un rôle important dans la formation et la consolidation de la position des États-Unis en tant que grande puissance.

La population consomme, produit et crée
Deuxièmement, la population n’est pas seulement consommatrice, elle est aussi productrice, et une population nombreuse crée un grand marché de la demande et fournit une main-d’œuvre suffisante et plus de talents du côté de l’offre. Le point de vue selon lequel moins de personnes ont un PIB par habitant plus élevé ne voit que la consommation de la population dans l’économie, ignorant la valeur créatrice de la population dans l’économie. Pour le PIB par habitant, la population n’est pas seulement le dénominateur, mais agit également sur la molécule, et le rôle est plus fondamental, plus durable. Aucune expérience historique ne prouve que la population totale et le PIB par habitant sont en corrélation négative et, en réalité, aucun pays ou région ne peut atteindre un développement économique rapide avec une population qui diminue. Dans son discours sur l’état de l’Union prononcé devant l’Assemblée fédérale au début de 2020, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que le destin et l’histoire de la Russie sont en jeu. Les perspectives dépendent de la population, le taux de natalité de 1,5 est trop faible. La Russie doit mettre en place un programme de soutien aux familles clair, large et systématique, avec un accès à un « fonds maternel » pour les familles ayant un seul enfant à partir de 2020.

Les avantages d’un grand marché
Du côté de la demande, les marges de profit des grands marchés permettent aux entreprises d’investir davantage dans la recherche et le développement ; les entreprises y sont plus nombreuses, ce qui peut affiner la division du travail et améliorer l’efficacité de la production. La concurrence entre les entreprises est plus intense et la motivation pour l’innovation plus forte. Une population nombreuse favorise l’innovation. Dans un grand marché, même les petites demandes peuvent former un marché, et les petites innovations technologiques peuvent survivre. Les gens pensent toujours que plus de personnes mènent à des métros bondés, mais la vérité est que les villes avec moins de personnes ne construisent peut-être même pas de métro. En raison de sa forte population, la Chine dispose du plus grand réseau ferroviaire à grande vitesse du monde, soit 35 000 kilomètres depuis la fin de 2019. Dans le même temps, la Chine est également la troisième région après les États-Unis et l’Europe à développer ses propres gros porteurs civils, et actuellement seuls les États-Unis, l’Europe et la Chine disposent d’un marché suffisamment important pour répondre à l’échelle nécessaire à l’industrie des gros porteurs. En raison de l’énorme marché de consommation, l’économie Internet de la Chine connaît une croissance irrésistible, avec des secteurs tels que le commerce électronique, les paiements mobiles, l’économie de partage et l’intelligence artificielle qui se développent rapidement. Selon CB Insight, à la fin de 2018, le nombre et la valeur des licornes en Chine représentaient respectivement 38 % et 42 % du total mondial, et le nombre de nouvelles licornes en Chine est passé de 1 à 32 par an de 2013 à 2018, et aux États-Unis de 15 à 53. L’écart entre la Chine et les États-Unis se réduit rapidement.


Un grand réservoir de talents
Du côté de l’offre, la population est le fondement du talent, et une population nombreuse est la seule façon d’avoir plus de talent et une plus forte capacité d’innovation. La population chinoise ayant un diplôme universitaire ou supérieur est proche de 200 millions, la plus importante au monde. Une population importante signifie un énorme réservoir de talents. De 1982 à 2015, la taille de la population chinoise de l’enseignement supérieur est passée de 6,04 millions à 171 millions de personnes, soit 0,6 % de la population totale à 12,4 %, ce qui fait de la Chine le plus grand réservoir de talents au monde. Selon les données de la Banque mondiale, le taux brut de scolarisation de la Chine (le nombre de personnes recevant un enseignement supérieur par rapport à la population d’âge correspondant) est monté de 12,9 % à 50,6 % en 1970-2018, tandis que l’écart s’est progressivement réduit à mesure que les États-Unis passaient de 47,3 % à 88,2 % en 1971-2017. Le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur en Chine de 1,04 million en 2001, approche 7,53 millions en 2018, une augmentation de 627 %. Les talents de haut niveau sont devenus l’épine dorsale des industries chinoises, et grâce à une équipe d’ingénieurs nombreuse et hautement qualifiée, la Chine est progressivement en train d’acquérir le leadership dans plusieurs domaines.

À l’approche de l’ère de l’intelligence artificielle, avons-nous encore besoin de tant de personnes ? Contre-argument 2 : l’IA déplacera de nombreux emplois et une population importante deviendra un fardeau.

Nous pensons que si l’IA va remplacer certains emplois traditionnels dans l’industrie, elle va également créer une demande accrue d’emplois dans la nouvelle économie et les nouvelles industries. Tous les progrès technologiques de l’histoire ont entraîné une réduction de la main-d’œuvre par unité de production dans les industries traditionnelles sans réduction de l’emploi total, ce qui se traduit par la création simultanée de nouveaux emplois et d’emplois supplémentaires. L’avènement de l’automobile, par exemple, a entraîné le chômage des conducteurs de chariots, mais a créé des emplois tels que la conduite d’autobus et de camions, le développement, la fabrication et la réparation d’automobiles. L’expérience historique montre qu’à mesure que la productivité agricole augmente et que la main-d’œuvre agricole diminue, les agriculteurs « au chômage » entrent dans le secteur manufacturier en usine ; à mesure que la productivité industrielle augmente et que le nombre de travailleurs diminue, les travailleurs « au chômage » entrent dans le secteur des services. La période 1989-1999 a vu l’émergence de l’automobile. L’emploi dans le secteur manufacturier américain est passé de 18,06 millions à 12,81 millions en 2018, soit une baisse de 29 %, mais l’emploi dans le secteur des services de 18,83 millions à 129,31 millions, soit une augmentation de 587 %, et l’emploi total a augmenté plutôt que de diminuer.
L’AI pourrait remplacer 26 % des emplois au cours des 20 prochaines années, mais pourrait également générer 38 % d’emplois supplémentaires. L’étude « The Net Impact of Artificial Intelligence and Related Technologies on Employment in China », publiée par PwC en 2018, prévoit que l’intelligence artificielle créera une augmentation nette de 12 % des emplois en Chine au cours des 20 prochaines années, ce qui équivaut à une augmentation d’environ 90 millions d’emplois. L’IA a non seulement un effet de substitution sur l’emploi, mais aussi un effet sur les revenus, c’est-à-dire que l’IA est plus rentable, ce qui entraîne une baisse des prix des produits de l’entreprise et une augmentation du revenu réel des consommateurs, favorisant la consommation, qui à son tour incite les entreprises à développer leur production, à embaucher plus de main-d’œuvre et à créer plus d’emplois. De plus, l’IA ne peut pas remplacer la fonction de consommation humaine, et la diminution de la demande due à la réduction de la population serait un frein au développement économique.

2.3 La libéralisation complète et l’encouragement de la procréation devraient-ils être immédiats ?

Ces dernières années, la question de la libéralisation totale du système de contrôle des naissances a fait l’objet de débats animés. Contre-argument 1 : la libéralisation totale de la natalité entraînera une augmentation du nombre de naissances chez les riches et les pauvres et une diminution du nombre de naissances dans la classe moyenne, ce qui n’est pas favorable à la justice sociale ; le taux de natalité en milieu rural pourrait augmenter de façon explosive et la qualité de la population déclinerait. Nous pensons que l’accouchement est le droit fondamental de chacun et que le droit d’avoir des enfants doit revenir à l’autonomie de la famille ; la libéralisation totale de la fécondité est un respect équitable pour toutes les familles sans discrimination ; le taux de fécondité rural actuel est encore faible, de sorte qu’il est impossible que la population née en milieu rural augmente de façon spectaculaire. La population rurale ne signifie pas population de faible qualité. Quand on considère la politique de fécondité conditionnelle et différenciée adoptée précédemment pour les différents groupes ethniques et les zones urbaines et rurales, la libéralisation totale est plus équitable.

(2) L’ajustement de la politique de fécondité doit-il être prudent ou accéléré ? Contre-argument 2 : La politique doit être ajustée avec prudence, soit en encourageant plus vigoureusement la naissance de deux enfants, soit en libéralisant la naissance de trois ou quatre enfants avec conditions. Nous pensons que la politique de natalité a été artificiellement retardée pendant trop longtemps et qu’elle ne devrait pas être retardée davantage, mais qu’elle devrait être entièrement libéralisée et encouragée immédiatement. La raison de la libéralisation et de l’encouragement immédiats de la naissance est que la situation démographique actuelle est urgente, car nous sommes maintenant dans la fenêtre d’opportunité pour la naissance d’enfants au milieu et à la fin de la troisième vague du baby-boom, et plus l’ajustement est tardif, plus nous obtiendrons des résultats faibles avec plus d’efforts.

Toutefois, Zhai Zhenwu et d’autres ont estimé que la « politique de l’enfant unique » entraînera un pic de natalité de 49,95 millions et un pic de fécondité de 4,5, ce qui a retardé à plusieurs reprises l’ajustement de la politique. Au début du XXIe siècle, lors des discussions animées sur la politique démographique, le camp conservateur l’emportait et l’ajustement de la politique de fertilité était sans cesse retardé. Song Jian et d’autres personnes en 2007 ont fait valoir que l’indice de natalité est resté stable à environ 1,8 depuis 1990, et ont recommandé que les mesures ne changent pas pendant le 11e plan quinquennal, puis le gouvernement central a publié un document appelant à « tout mettre en œuvre pour stabiliser le faible taux de natalité ». Zhai Zhenwu en 2014 estimait que si la politique des « deux enfants  » avait été lancée totalement en 2012, le taux de natalité total atteindrait un pic de 4,5 et le nombre de naissance de 49,95 millions, ce qui suggérait que la politique des « deux enfants  » devait être reportée. Zhai Zhenwu (2015) considérait que la politique « un-deux enfants » entraînerait une augmentation annuelle de 1,3 à 1,6 million de naissances au cours des 4-5 prochaines années, pour un total de 6,6 millions de nouvelles naissances. Les naissances en 2014 n’ont augmenté que de 470 000 par rapport à 2013, et en 2015, elles ont même diminué de 320 000 par rapport à 2014. Zhai Zhenwu en 2016 pensait également que la politique « globale pour deux enfants » se traduirait par 1,6 à 4,7 millions de nouvelles naissances par an pendant les cinq prochaines années. En 2015, le gouvernement central a mis en œuvre la politique « globale pour deux enfants », mais le nombre de naissances en 2016 n’était que de 0,47 million de plus qu’en 2015. Les années suivantes ont démontré l’échec : une augmentation de 1,31 million pour 2016, un recul de 630 000 en 2017, et même une chute de 2 millions en 2018. Bien que les projections de Zhai Zhenwu soient sensiblement inférieures à celles d’avant, elles ne sont pas réalistes. Les conservateurs ont toujours eu une plus grande influence sur la politique. En 2016, même après la mise en œuvre de la politique globale en faveur de deux enfants moins efficace que prévu, certains fonctionnaires du domaine du planning familial affirment toujours que « la politique globale en faveur de deux enfants a répondu aux besoins de la plupart des familles ».

3 .Recommandation politique : Encourager les naissances dès que possible, et s’occuper activement du vieillissement de la population.

La population n’ « est » pas seulement l’objectif fondamental du développement économique et social, mais aussi l’élément de base du développement économique et social. L’ajustement de la politique de natalité est la réforme structurelle la plus fondamentale et la plus importante du côté de l’offre. Contrairement à d’autres crises, la crise démographique déclenchée par un faible taux de natalité chronique est de longue durée et ses effets sont lents à apparaître, mais une fois qu’elle éclate, elle est difficile à contenir. 

D’une part, une libéralisation complète et un encouragement à la naissance devraient être mis en œuvre dès que possible, afin de rendre le droit à la naissance à l’autonomie familiale et d’accélérer la mise en place d’un système d’aide à la naissance. Tout d’abord, une politique différenciée de crédits d’impôt individuels et de subventions financières doivent être mise en œuvre, couvrant la période allant des soins de la grossesse à l’âge de 18 ans ou à la fin des études universitaires. Explorer la mise en place d’un système global d’incitation, depuis les soins de la grossesse jusqu’à l’accouchement jusqu’à l’âge de 18 ans ou la fin des études universitaires. En outre, les localités peuvent différencier davantage leurs politiques en fonction de leur situation réelle. Deuxièmement, l’offre de services de garde d’enfants sera accrue, le taux d’entrée dans les services de garde d’enfants pour les 0-3 ans doit augmenter de 4 % actuellement à 40 %, et des subventions seront accordées pour les soins. Les employeurs et les organismes sociaux sont fortement encouragés et soutenus pour mettre en place des services de garde d’enfants et de nourrissons, en formant un réseau de services de garde à plein temps, de garde mi-temps, de garde à l’heure et de garde temporaire. Troisièmement, la protection des droits et des intérêts des femmes en matière d’emploi est encore améliorée, et des allégements fiscaux pour  les accouchements sont offerts aux entreprises pour accélérer la mise en place d’un mécanisme raisonnable et efficace de partage des coûts des accouchements entre l’État, les entreprises et les familles. D’une part, promouvoir davantage la mise en œuvre de systèmes tels que le congé de maternité et d’allaitement, traiter correctement la protection du congé de maternité prolongé et du congé de paternité pour les hommes, et imposer des sanctions financières ou administratives aux organisations qui portent atteinte aux droits et aux intérêts des femmes en matière d’emploi. D’autre part, un certain nombre d’allégements fiscaux ont été mis en œuvre pour réduire le coût de l’accouchement supporté par les entreprises, en fonction de la taille de leurs employées et de leur situation annuelle en matière de maternité. La fusion pilote de l’assurance maternité et de l’assurance médicale des employés a commencé en 2017, ce qui permet d’étendre la couverture de l’assurance maternité. Quatrièmement, la protection de l’égalité des droits pour les naissances hors mariage est renforcée. Bien que l’accouchement hors mariage ne soit pas encouragé, les femmes et leurs enfants nés hors mariage doivent toujours bénéficier de tous les mêmes droits, notamment en ce qui concerne l’installation dans un foyer et l’inscription à l’école, sans discrimination. Cinquièmement, accroître les investissements dans l’éducation et les soins médicaux, maintenir la stabilité à long terme des prix du logement et réduire les coûts directs de l’éducation des enfants. L’investissement dans l’éducation préscolaire sera accru, l’offre de jardins d’enfants publics sera fortement augmentée et la durée de la scolarité obligatoire de neuf ans sera portée à douze ans, tout en promouvant la réforme de l’éducation et en éradiquant efficacement le phénomène des « devoirs devenant des devoirs parentaux ». Le gouvernement va également augmenter les investissements dans les soins médicaux et promouvoir la réforme du système médical et des soins de santé afin de réduire efficacement les dépenses médicales. Le gouvernement adhérera au principe « Logement, pas de spéculation », mettra en place de nouvelles mesures dans le foncier axées sur la croissance de la population résidente, maintiendra des politiques financières immobilières stables, perfectionnera un mécanisme à long terme pour le développement sain du marché immobilier, et améliorera le marché du logement et les systèmes de sécurité du logement afin que tous puissent avoir un endroit où vivre.

D’autre part, elle répondra activement au vieillissement de la population, créera un système de produits et de services de haute qualité pour les personnes âgées et bâtira une société adaptée à l’âge. Premièrement, il accélérera le transfert de capitaux publics pour combler le fossé de la sécurité sociale, favorisera la coordination nationale de la sécurité sociale. Le transfert d’une partie du capital de l’État central et local pour reconstituer les fonds de sécurité sociale sera achevé d’ici la fin de 2020 et pourra être poursuivi si nécessaire. À l’heure actuelle, il existe un grave déséquilibre entre les régions en matière de sécurité sociale, et le passage à une coordination nationale peut aplanir les différences régionales et garantir le maintien du niveau de sécurité sociale dans les provinces et les villes où les revenus sont supérieurs aux dépenses. À l’heure actuelle, la Chine est trop dépendante du premier pilier de l’assurance retraite de base (qui représente 85 %).  Les deuxième et troisième piliers représentés par les pensions d’entreprise et professionnelles, l’assurance privée et l’assurance retraite individuelle sont relativement faibles. La seconde consiste à mettre en place un système d’apprentissage tout au long de la vie pour les personnes âgées, à encourager les entreprises à conserver et à employer une main-d’œuvre plus âgée, et à repousser en temps utile l’âge légal de la retraite. L’âge légal de la retraite pour les hommes est de 60 ans, inférieur à celui du Japon (65 ans), de la Corée (61 ans), de la Grande-Bretagne (65 ans) et des États-Unis (66 ans) ; l’âge de la retraite pour les femmes est de 55 ans, inférieur à celui du Japon (65 ans), de la Corée (61 ans), de la Grande-Bretagne (63 ans) et des États-Unis (66 ans), et de l’Inde (58 ans). Mettre en place un système d’apprentissage tout au long de la vie pour les personnes âgées, élever le niveau du capital humain des personnes âgées, supprimer les obstacles qui empêchent les employeurs de retenir et d’embaucher des travailleurs âgés et renforcer les mesures incitant les travailleurs âgés à prolonger leur carrière par une réforme des retraites et d’autres mesures. Troisièmement, un système de haute qualité pour la fourniture de services et de produits aux personnes âgées sera mis en place. La Chine va promouvoir le développement d’une main-d’œuvre pour les personnes âgées, accélérer la construction d’un système de services aux personnes âgées à plusieurs niveaux, basé sur le domicile, la communauté, entièrement développé par les institutions et intégré organiquement aux soins médicaux, améliorer le niveau de technologie et d’informatisation des services aux personnes âgées, et augmenter le soutien scientifique et technologique à la santé des personnes âgées. Quatrièmement, la construction d’une société respectueuse de l’âge. Nous poursuivrons la culture traditionnelle chinoise de la piété filiale, nous promouvrons la culture du respect des personnes âgées, et nous construirons un environnement social, de piété filiale et de respect des personnes âgées. Il compensera également les difficultés rencontrées par les personnes âgées pour voyager et participer aux services publics, et créera les conditions pour qu’elles puissent profiter des ressources éducatives, culturelles, spirituelles et récréatives de la société. L’environnement de l’État de droit pour faire face au vieillissement de la population sera renforcé, et les droits et intérêts légitimes des personnes âgées seront sauvegardés. Un environnement favorable à la participation des personnes âgées, des familles, de la société et du gouvernement doit être créé. 

Source :
任泽平:建议开放三胎 以应对人口少子化、老龄化

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13 novembre 2020

Les quatre défis de la Chine?

La Chine s’apprête à négocier un tournant. Le nouveau décollage de l’économie numérique et le bouleversement des relations internationales l’incitent à revoir ses prévisions et son orientation.  Le directeur de l’Institut de développement de l’Université de Pékin, Yao Yang, fait le point sur les défis à relever dans les prochaines années : le vieillissement de la population, l’environnement, le système financier et la réforme du système, ainsi que le rôle à jouer sur la scène internationale.

Résumé de la conférence de Yao Yang du 20 octobre 2020 :

Sur le plan démographique, le pays est confronté à une très forte tendance, le vieillissement de la population, une tendance qui, je le crains, dépassera notre imagination. Sur le front du développement durable, deux objectifs concrets ont été fixés lors de l’Assemblée générale des Nations Unies. Tout le modèle de croissance de notre pays va changer radicalement à l’avenir. Le premier objectif ambitieux est de faire en sorte que les émissions de dioxyde de carbone de la Chine atteignent leur maximum d’ici 2030. Actuellement, les émissions de carbone de la Chine continuent d’augmenter et le charbon représente toujours 60 à 70 % de toute l’énergie en Chine. La question de savoir si nous pouvons atteindre un pic d’émissions et ensuite commencer à diminuer au cours de la prochaine décennie est un grand challenge. Le deuxième objectif difficile est de viser la neutralité carbone d’ici 2060. 
De plus, nous n’avons pas achevé la réforme des entreprises publiques et du secteur financier, et nous avons besoin de meilleures structures d’entreprise et financières pour la prochaine étape de la croissance économique. Tels sont les défis que nous devons relever.
Notre groupe de réflexion de l’lnstitut de de recherche de l’Université de Pékin et le think tank américain, la Brookings Institution, avons rédigé ensemble un rapport intitulé « Chine 2049 », fruit de deux ans de collaboration.
Nous pensons que les défis des trente prochaines années proviendront en grande partie des changements du contexte international. Cet échange universitaire entre nous et la Brookings Institution prouve également que, malgré la détérioration des relations entre la Chine et les États-Unis, la coopération entre les deux pays n’a pas cessé. Le fait que deux think tanks très prestigieux en Chine et aux États-Unis soient encore capables de se réunir maintenant et de faire des recherches sur la vision de la Chine est significatif en soi.

Les vieux en chine

1949-1979


Dans ce projet de recherche stratégiquement tourné vers l’avenir, nous commençons par passer en revue sept décennies de croissance et, à partir de cette base, nous envisageons les défis qui se poseront au cours des trois prochaines décennies.
Les soixante-dix dernières années peuvent essentiellement être divisées en deux parties, les trois premières décennies et les quatre dernières. Il est pertinent pour notre compréhension de l’histoire de la nouvelle Chine de faire le point sur l’expérience de rattrapage d’un pays en développement et de savoir comment nous allons passer à l’étape suivante. Notre étude suggère que les deux parties doivent être considérées comme un ensemble, plutôt que deux morceaux séparés. Les trois premières décennies ont préparé le terrain pour le décollage économique. Nous avons fait beaucoup d’erreurs, mais des bases ont été lancées. Sur le plan économique, au moins deux réalisations ont joué un rôle crucial dans le décollage économique des quatre décennies suivantes.
D’une part, une base industrielle solide a été mise en place. Pour prendre un exemple simple, environ 80 % du tonnage mondial dans la construction navale est aujourd’hui construit en Chine, et nos géants de 10 000 tonnes ont été lancés dans les années 1960. Sans des fondations de l’époque, nous ne serions pas dans la position que nous occupons aujourd’hui dans l’industrie mondiale de la construction navale.  D’autre part, la première période a également obtenu des résultats relativement bons en termes d’indice de développement humain. Si nous comparons avec l’Inde, nous pouvons voir plus clairement les accomplissements . Par exemple, notre espérance de vie avait atteint 66 ans en 1978, et l’Inde avait environ 10 ans de retard sur nous. Notre taux d’alphabétisation approchait de 70 % en 1978, 20 points au-dessus de l’Inde. Tous ces éléments ont eu un impact positif sur notre décollage économique au cours des quatre dernières décennies.

Mao cite interdite tain an men

Quarante ans de réforme et d’ouverture : l’application souple de la théorie néoclassique de la croissance

Quel est le succès de ces quarante dernières années ?
L’épargne, un pays ne peut pas se développer sans épargne et sans investissement.
L’augmentation du niveau des ressources humaines, comprenant la quantité et la qualité de la main-d’œuvre.
Le troisième est la progression du niveau de la technologie.
Beaucoup de gens disent que notre économie s’est développée sans progrès technologique, principalement par l’accumulation de capital et l’augmentation de l’offre de travail. C’est faux, car les données montrent que la contribution du progrès technologique (dans ce cas, l’amélioration de l’efficacité de la productivité totale des facteurs qui subsiste après l’élimination de la croissance du travail et du capital) à l’économie chinoise au cours des quatre dernières décennies a été d’environ 40 %, ce qui est déjà au niveau des pays développés.
À cet égard, on pourrait attribuer la croissance rapide de la Chine au cours des quatre dernières décennies à une application plus judicieuse des directives de politique économique préconisés par l’économie néoclassique mais Chine 2049 ne traite pas de l’économie politique.
Les trente prochaines années verront l’apogée de la Chine dans son cycle de renaissance

Quatre défis de taille

Les défis auxquels nous serons confrontés au cours des trois prochaines décennies sont redoutables.
1. Le système social pourra-t-il soutenir/financer le vieillissement de centaines de millions de personnes? Tel est le problème majeur que soulève le vieillissement de la population. La période du « baby boom » de 1962 à 1976, au cours de laquelle environ 300 à 400 millions de personnes sont nées, posera des défis sans précédent au pays à mesure qu’elles vieilliront. Le rapport Chine 2049 note que cette difficulté ne se situe pas principalement du côté de l’offre de la main-d’œuvre, car celle-ci sera probablement remplacée par l’intelligence artificielle et l’automatisation ; elle ne se trouve pas non plus du côté de la demande, car le niveau d’urbanisation de la Chine est encore relativement faible, et l’augmentation du niveau d’urbanisation peut compenser dans une certaine mesure le déclin de la consommation causé par le vieillissement.
2. Est-ce que la restructuration industrielle peut contribuer aux objectifs ambitieux de réduction des émissions et de développement durable ?
Dans les 5 à 10 prochaines années, l’orientation du développement économique de la Chine subira des changements significatifs, de nombreuses industries peuvent disparaître.
3. Les entreprises d’État et la réforme financière ont un long chemin à parcourir. L’écart est encore plus grand dans le secteur financier, où les réformes sont les plus grandes à faire. Les mesures prises après 2010 n’ont pas été assez efficaces, notamment dans le shadow banking de sorte qu’un nouveau cycle de « désendettement » a été lancé ces deux dernières années. Peut-on donc trouver un nouvel équilibre réglementaire après le « désendettement » ? Comment pouvons-nous maintenir la viabilité des finances sans créer de risques similaires à ceux de 2010-2017 ?
4 . Faire la différence dans l’environnement international et l’évolution des rôles. Dans le passé, la stratégie consistait à attendre notre heure, mais maintenant que le poids de notre pays est devenue si important qu’ « il est difficile pour un éléphant de se cacher derrière un arbre », nous n’avons plus la place d’attendre notre heure. L’environnement a complètement changé et la communauté internationale a depuis longtemps cessé de permettre à la Chine de continuer à attendre son heure. Nous devons donc nous concentrer sur l’amélioration de la situation. La clé de la prochaine étape est de savoir comment faire la différence, en particulier dans un environnement international en rapide évolution.
Dans l’arène internationale de l’avenir, le défi de passer du statut d’adepte à celui de législateur est énorme et implique de nombreux changements, même sur le plan philosophique. Personnellement, je ne pense pas que notre pays soit tout à fait prêt pour cela.
Cela signifie également que je crains que le plus grand défi des 30 prochaines années provienne de l’incertitude de l’environnement international, et dans un environnement international très incertain, quelle position la Chine devrait-elle adopter pour participer à la reconstruction de l’environnement international ? Après la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis et les nombreuses frictions et changements survenus ces dernières années, associés au « retrait » massif des États-Unis, la Chine a objectivement eu l’occasion de participer à la formulation et au maintien du nouvel ordre international, mais en même temps, elle a également mis à l’épreuve notre détermination et notre sagesse à nous intégrer ouvertement aux différents pays du monde.  « 



Yao inscrit la Chine dans un cycle de renaissance d’une centaine d’années : la période 1949-1979 a posé les bases sur lesquelles a pu se développer le pays durant les quatre décennies suivantes de l’ère des réformes et de l’ouvertures. Les trois décennies 2020-2050 verront l’apogée de la Chine du cycle de renaissance, non seulement sur la période de cent ans, mais aussi sur un millénaire. On pourrait sourire face à une telle confiance. Certains qualifieraient ce discours de propagande, mais il faut bien reconnaître que les accomplissements et les résultats obtenus des 70 dernières années sont éloquents. L’avenir n’es pas un long fleuve tranquille, puisqu’il décrit quatre défis de taille, le vieillissement de la population, l’alignement de l’industrie aux objectifs de développement durable, la réforme des entreprises publiques et du système financier, l’ajustement de la place de la Chine dans le nouvel ordre international.
Ce discours d’un chercheur est à classé dans les chansons qu’on doit chanter officiellement. Quand on parle de la protection sociale et du vieillissement, il aurait été pertinent aussi de soulever la différence entre les système de protection entre les villes et les campagnes, les fonctionnaires et le privé.
Yao proclame que l’épargne est une force de la Chine. Elle montre aussi la faiblesse. En effet, l’épargne très élevée (plus de 30%) est en grande partie effectuée pour combler le manque de protection sociale complète d’une partie de la population. Paradoxe d’un gouvernement qui se dit socialiste!
Les inégalités qui ne fléchissent pas ne sont pas abordées.
Les problèmes structurels de l’économie, alimentés pendant longtemps par les investissements et l’endettement doivent trouver une solution. La consommation reste encore à la traîne.
Malgré toutes ces difficultés, on peut compter sur le dynamisme de la population, de son économie et du gouvernement. Cet été, en Chine, on ne pensait pas aux vacances ( si on pouvait prendre des vacances avec le facteur virus, comme en France). On se demandait comment mettre les bouchées doubles pour combler le retard de début d’année! Un autre monde.

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8 novembre 2020

Les trois défis de l’export en Chine

Le rapatriement des commandes indiennes vers la Chine évoqué dans le dernier article ne doit pas masquer la réalité. Le bureau de recherche Trigger Trend rappelle les trois défis majeurs qui se dressent devant les exportations, la hausse du yuan face au dollar, les délocalisations et la structure de l’économie chinoise trop dépendante des investissements.

La hausse de la monnaie chinoise 

Avec, la reprise économique chinoise et de l’élargissement du différentiel de taux d’intérêt entre les États-Unis et la Chine, le yuan par rapport au dollar américain a réalisé sa meilleure performance trimestrielle des 12 dernières années au cours du troisième trimestre avec un sommet à 6,69 pour un dollar, son plus haut niveau depuis avril 2019.

hausse de la monnaie chinoise

Au retour des vacances nationales, alors que le moral est revenu et que les marchés des changes commencent à parier sur la possibilité d’une victoire de Biden, le yuan s’est envolé de 1,4 % en une seule journée, son plus important gain en une journée depuis 15 ans. La banque centrale a réagi en limitant les prises de risque sur les contrats à terme, en vain.  
L’incertitude sur les élections américaines à court terme continuera également d’ entretenir la volatilité du yuan. Le gouvernement veut éviter le piège japonais avec l’accord de Plaza en1985 : une appréciation rapide du yen par rapport au dollar, qui alimenta le marché boursier bulle et la bulle immobilière avant de s’écrouler.
Pour les exportateurs chinois, le taux de change malmène leurs bénéfices. Plus les commandes arrivent, plus on craint de vendre à perte. Les prix donnés lors de la passation de commande n’incluaient pas le risque du change. Les sociétés travaillent sur des cycles de un à trois mois entre la commande et le paiement à la livraison.

Délocalisation

Les commandes textiles indiennes en partie ont été rapatriées en Chine, mais ce n’est pas la tendance de fond, l’industrie de fabrication des téléphones portables se tournent vers l’extérieur et notamment l’Inde. Afin d’attirer les investissements étrangers, le gouvernement indien a lancée cette année un programme d’incitation de 6,6 milliards de dollars et un plan d’infrastructure majeur de 1 400 milliards de dollars, destinés à faire de l’Inde un nouveau centre de production de smartphones.
Début août, Apple a déplacé six lignes de production de la Chine vers l’Inde, et a maintenant « délocalisé » huit usines de la Chine vers l’Inde. En juillet, le ministère indien des technologies de la communication a annoncé que l’iPhone 11 avait été mis en production dans l’usine Foxconn de Chennai, et que Foxconn prévoyait d’investir un milliard de dollars pour agrandir l’usine afin de mettre en place un cinquième de la capacité de production d’iPhone de l’usine chinoise.
Des informations provenant de la région du Guangxi indiquent que neuf cents techniciens chinois passaient la frontière vietnamienne pour prendre leur poste. Les employeurs sont des sociétés à capitaux chinois et taïwanais, comme la fameuse Foxconn. Par ailleurs, plusieurs centaines d’ouvriers entrés illégalement dans le pays ont été renvoyés en Chine. Ce genre d’événements n’apparaît dans les médias officiels chinois pour l’instant !
La dégradation des relations entre les États-Unis et la Chine a renforcé les inquiétudes des entreprises américaines et européennes quant à leur dépendance excessive à l’égard des chaînes d’approvisionnement chinoises. L’épidémie n’a que temporairement perturbé l’ajustement de la chaîne industrielle mondiale,  qui avait déjà commencé avant la crise sanitaire.

 La difficile transformation structurelle de l’économie chinoise

 La Chine a annoncé les résultats de son PIB pour le troisième trimestre. Bonne nouvelle : l’économie chinoise est passée dans le vert, avec une croissance de 4,9 % au troisième trimestre et de 0,7 % au cours des trois premiers trimestres. 
Mais en regardant de plus près les trois principales composantes du PIB, on voit que l’économie reste encore dépendante du modèle passé. Au cours des trois premiers trimestres, la consommation traîne derrière les investissements et les exportations. Les investissements en actifs ont augmenté de 0,8 % en glissement annuel : l’industrie manufacturière accuse un recul de 6,5 %,  les infrastructures enregistrent une augmentation de 0,2 %   et la promotion immobilière de 5,6 %.
Le total des importations et des exportations a progressé de 0,7 %, les exportations de 1,8 %, mais les importations ont glissé de 0,6 %. 
Les ventes au détail de biens de consommation ont diminué de 7,2 % en glissement annuel.
La dépendance économique de la Chine vis-à-vis de l’immobilier n’a pas baissé. Telles sont les réalités auxquelles la stratégie du « double cycle » doit faire face.

L’économiste Liu Yuhui compare l’économie chinoise à un camion surchargé sur une pente descendante qu’on essaie de freiner  – 中国经济是踩着刹车下坡的超载重卡. Les risques et défis sont de plus important et il est indispensable de passer à une réallocation des ressources et de sortir du « kidnapping » de l’immobilier.  La structure de l’économie doit changer, sinon tout le monde en pâtira même l’exportation. 

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23 octobre 2020

Les commandes passent de l’Inde vers la Chine

« First in, first out » . La Chine, première entrée dans l’épidémie, première sortie, renverse la vapeur après un début d’année difficile. 

De l’Inde vers la Chine


L’épisode des commandes d’Inde est un exemple.  En effet, depuis septembre, de nombreuses entreprises textiles d’exportation en Inde ne peuvent garantir leur livraison en raison de l’épidémie. De nombreuses commandes ont été transférées en Chine pour y être produites. L’Inde compte plus de sept millions de cas avérés et plus de 100 000 morts. Plusieurs grandes usines chinoises ont ainsi leurs carnets de commande remplis jusqu’en mai 2021.  

Le prix du coton s’envole

Depuis la reprise après la fête nationale, en seulement sept jours, les contrats à terme du coton ont augmenté de 16 %. Le prix du contrat principal 2101 atteint 15 305 yuans, un nouveau sommet depuis le début d’année :

indice du coton textile chine

Le marché haussier s’explique par une hausse soudaine de la demande et un probable hiver froid cette année. L’indice du textile et de l’habillement de Shen Wan affiche un gain de 11,55% depuis la fin des fêtes nationales.
La progression est également alimentée par des commandes habituelles pour la fin d’année passées en avance afin de prévenir les éventuelles difficultés liées à l’épidémie.

Bouchées doubles

Pendant ces vacances, les usines textiles ont effectué des heures supplémentaires pour enregistrer et traiter les commandes. Certaines usines ont même travaillé le premier octobre, jour férié. La société Henggang dans le Zhejiang a reçu une commande de nappes de Zara représentant 60% de son chiffre d’affaires annuel, dont la production était prévue en Inde. D’autres entreprises dans diverses provinces, du Shandong à Canton, en passant par le Jiangsu ou le Zhejiang connaissent le même phénomène.

Effet de rattrapage

Le centre de recherches d’Alibaba montre qu’à partir du mois de mai le nombre de commandes de tissus et de matières premières textiles en Chine a doublé et celles dans l’industrie de l’habillement a triplé par rapport à l’année dernière à la même époque.  Il faut compter sur l’effet de rattrapage des mois précédents.

Une performance « harmonieuse »?

Au mois d’août, les exportations de vêtements ont atteint 16,21 milliards de dollars, soit une hausse de 3,2 % par rapport à l’année précédente, ce qui représente la première croissance mensuelle positive de l’année.
Au cours des trois premiers trimestres en Chine, selon les données officielles, le textile, l’habillement et les sept autres catégories de produits à forte intensité de main-d’œuvre, ont exporté 2,59 mille milliards de yuans, soit une augmentation de 5,4 %, ce qui représente 20,4% du total des exportations. 828,78 milliards de yuans de masques ont été exportés, soit une augmentation de 37,5 % .
Les témoignages de terrain et les propos recueillis par des journalistes du site 第一财经 n’ont pas exactement le même son de cloche que les données officielles. Les connaisseurs savent que ce type de chiffres est parfois sujet à caution. Avec le ralenti et l’arrêt de certaines régions de début d’année, pour l’industrie textile, sur l’ensemble de l’année, la situation n’est pas encore positive, les entreprises qui enregistrent des volumes équivalents à 60-70% des commandes de l’an dernier s’estiment heureuses, mais dans l’ensemble, les chiffres sont autour de 50%.

Quant à l’Inde, le secteur est important. En 2019, le marché indien du textile et de l’habillement représentait environ 250 milliards de dollars. Il est le premier producteur mondial de coton de jute et le deuxième de soie, avec 22 % de la capacité de production mondiale de fil. L’industrie du textile et de l’habillement est également l’une des principales sources de devises étrangères, représentant 15 % du total des recettes d’exportation de l’Inde.
La gestion drastique de l’épidémie à partir du 23 janvier a permis à la Chine d’en sortir mieux et plus vite. Actuellement, elle récolte les commandes de pays en difficulté, comme l’Inde et continuera certainement de bénéficier du retour à la normale à l’intérieur du pays alors que de nombreux pays ne voient le bout du tunnel. Encore combien de temps?

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21 octobre 2020

Une nouvelle industrie en forme et deux villes qui montent, Chengdu et Chongqing

La transformation de l’économie chinoise redistribue une partie des cartes, les villes qui restent sur des anciens modèles de développement « regardent le train passer », tandis que d’autres saisissent la modernité. Face à l’écart qui se creuse entre le Nord et le Sud et l’Est et l’Ouest, une région casse les catégories et sort du lot : le pôle urbain Chengdu-Chongqing.
Le centre de recherche du groupe Meituan, dans une étude sur « les nouvelles industries et professions au sein du secteur des services de la vie classe les trente meilleures villes entre trois échelons : 1.  Premier échelon 2. Groupe à fort potentiel 3. Villes à potentiel. La capitale du Sichuan, Chengdu, et Chongqing ont cassé les classifications habituelles en s’insérant aux avant-postes avec les villes de première catégorie, Pékin, Shanghai, Shenzhen et Canton.

Classement :
Nouvelles professions en chine classement des villes

Meituan est spécialisée dans la vente en ligne liée à la restauration. Le terme « industrie des services de la vie 生活服务业 » comprend notamment les services liés à l’alimentation, la restauration, le logement, les soins esthétiques, la médecine esthétique, la coiffure, le bien-être, les réparations, la gestion d’appartements, le recyclage, la photographie, le stylisme personnel. Quelles sont les nouvelles professions de cette industrie ?

Chengdu et Chongqing à l’avant-garde ?

La capacité d’une ville à être un leader dans les nouvelles tendances est inévitablement liée à une économie dynamique et à un environnement ouvert. Par ailleurs, Chengdu et Chongqing affichent également une compétitivité unique, la première est surnommée la capitale de la médecine esthétique. L’industrie des services de la vie a formé un groupe de nouvelles industries. L’épidémie a accéléré la pénétration de la numérisation dans le domaine des services de la vie, tels que les plats à emporter, les achats groupés, les ventes flash, la réservation de voitures en ligne et d’autres services pour former une « nouvelle infrastructure numérique » au service de la vie des résidents.
Les habitants de Chengdu et de Chongqing ont toujours été des consommateurs plus aventureux, et ils sont à la recherche de nouvelles expériences en matière de nourriture, de boisson et de divertissement. Le marché a senti le vent, les capitaux et les talents ont rapidement afflué, le service est devenu le principal champ de bataille. De nouveaux formats d’entreprises ont commencé à émerger.

 Attraction de la région

Chengdu et Chongqing sont classées troisième et cinquième en Chine en termes de nombre d’employés dans les nouvelles professions du secteur des services de la vie. Le pôle Chengdu-Chongqing, grâce à des mesures ciblées et un cadre de vie, a attiré un grand nombre de jeunes employés. Au cours des cinq dernières années, Chengdu et Chongqing ont enregistré ensemble un solde migratoire positif de près de 500 000 personnes chaque année. Ce n’est pas un hasard si Chengdu et Chongqing se trouvent dans le peloton de tête.

Sichuan chongqing chengdu

Tendances

Le PIB par habitant de la Chine doit dépasser le seuil des 10 000 dollars pour éviter de tomber dans le piège des revenus moyens. La première tendance est de remplacer la dépendance des investissements et des ressources en s’appuyant sur la consommation et l’innovation scientifique et technologique.La seconde est de se conformer à la vague de transformation numérique et de saisir un nouvel élan. L’épidémie a entraîné des changements révolutionnaires dans le secteur des services aux consommateurs : la vente au détail en ligne, l’éducation et le divertissement en ligne progressent rapidement. De nouveaux modèles, tels que les services sans contact, apparaissent, montrant une grande résilience économique.
Les décideurs politiques ont compris que l’industrie des services devrait s’appuyer sur les plates-formes numériques. Au cours des deux derniers mois, le gouvernement central a publié deux documents sur l’accélération de la numérisation de la société et le soutien à apporter.
Chengdu-Chongqing a une place privilégiée. Dans le cadre du développement de l’Ouest 2.0,  elles se trouvent au coeur de la stratégie nationale afin de promouvoir le quatrième cercle des villes chinoises. Dans le cadre de la stratégie des double cycles, local et international, les deux cités sont les rares villes de l’intérieur qui enregistrent un décollage de son économie.

Le nouveau précurseur de la concurrence urbaine

Parmi les villes du nouveau format, les villes de Chengdu et Chongqing sont des exemples typiques axés sur l’expérience.
Il existe une autre catégorie, celle des villes de nouvelles industries axées sur la technologie.  Shenzhen, la ville de l’économie numérique, est la capitale de l’innovation technologique de la Chine. Ces deux types de villes ont un point commun : elles sont plus attrayantes pour les nouveaux professionnels. Shenzhen se classe troisième sur la liste,  la deuxième en termes de nombre de nouveaux employés. La concurrence entre les villes autour de nouvelles professions ne peut que s’intensifier.

Nouvelles carrières

La plupart des nouveaux emplois sont créés grâce à une combinaison de l’Internet et du hors ligne. Rien que sur la plateforme Meituan, il existe plus de 70 types de nouvelles professions. Pendant l’épidémie, « le chef d’achat en groupe du quartier » a vu le jour. Les niches génèrent des professions rares, : décorateur takagiste (jeu en version live), costumier style Chine traditionnelle, photographe animalier, chef des opérations numériques, organisateur de repas dans des restaurants à thème, conseiller et vendeur de produits de la campagne, organisateur pour des déplacements sur mesure professionnels ou touristiques.
Les nouvelles professions exigent une compétence essentielle en matière numérique. Le personnel dans le secteur affiche de meilleurs diplômes et revenus que lors de la dernière décennie. 26,7 % des commerçants de Meituan sont titulaires d’une licence ou d’un diplôme supérieur, 40,7 % d’entre eux ont un revenu mensuel supérieur à 9 000 yuans (1350 USD), et 24,7 % d’entre eux à 12 000 yuans.

 Croissance vertigineuse

A l’image du développement de nouvelles industries et de nouvelles professions dans le domaine du service de la vie locale, les données de Meituan sont assez convaincantes. Par exemple, au premier semestre 2020, le nombre de livreurs sur la plate-forme Meituan a atteint 2 952 000, soit une augmentation de 16,4 % d’une année sur l’autre, ce qui est très important pour la stabilité et l’emploi.
En 2019, le volume de transactions de la nouvelle industrie des services de vie sur la plateforme a atteint 483,74 milliards de yuans. De 2016 à 2019, le volume de transactions a connu un taux de croissance annuel moyen de 55,1 %.

La formation doit s’améliorer

Aujourd’hui, le système de formation des écoles professionnelles est souvent en retard sur l’évolution du marché, et la lente mise à jour des matériels et équipements pédagogiques est pénalisante. Un suivi macroéconomique est également nécessaire pour s’adapter aux changements. Par exemple, il est indispensable d’accélérer la reconnaissance des nouvelles professions, de manière à favoriser le renouvellement des filières des écoles professionnelles, à accroître la formation des praticiens de nouvelles professions.

En formant une chaîne industrielle plus efficace grâce à la technologie numérique, l’industrie des services de la vie insuffle progressivement une nouvelle vitalité à l’économie chinoise, et des changements ont déjà commencé à apparaître. Chongqing et Chengdu ont su se hisser aux premières places.

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