Sage et ministre, 伊尹 Yi Yin

Parmi les personnages ou ancêtres qui apparaissent sur les écritures divinatoires, nous avons vu divers devins, 殼 Que, 爭 Zheng, 賓 Bin et 唐, le fondateur de la dynastie Tang. 伊尹, Yi Yin , ministre des quatre premiers rois Shang, est également mentionné.

伊 et 尹

伊 yī  est son nom et 尹 yǐn son titre de ministre. Nous avons déjà disséqué la graphie  de 尹 ici.

伊 contient la clé de l’homme à gauche et 尹  à droite : . A l’époque Shang, l’écriture est un nom de famille ou de clan.  Par emprunt, sous les dynasties suivantes, elles deviendra un terme grammatical : les pronoms personnels il, elle ; le pronom démonstratif ce.

Sagesse et gouvernement

Yi Yin est considéré comme le sage qui a guidé les premiers rois Shang avec la voie de la sagesse des anciens empereurs ; il a dû plus d’une fois les admonester pour qu’ils restent sur le chemin de la vertu. Il a même envoyé le petit-fils de Tang, le roi Tai Jia, en « rééducation  (?) »  dans un palais pendant trois ans avant de lui redonner le droit à la royauté . Il est difficile de séparer la légende à des fins d’édification et la réalité. Il aurait vécu 100 ans et a été enterré auprès du premier roi Shang, Tang. Il était également considéré comme un chamane et avait des dons de guérisseur. Nous verrons sur une écriture divinatoire, que des sacrifices à son adresse se déroulent (comme pour un roi).

Le Livre des documents transcrit l’enseignement de Yi  – 伊訓. Je reproduis une partie : 

« 3. Notre prince de Chang, futur empereur, signala partout avec éclat sa valeur militaire tempérée par la plus grande sagesse. Il substitua sa bonté indulgente à la tyrannie de Kie ; tout le peuple lui voua une sincère affection.

4. Maintenant, prince, vous devez soutenir l’héritage de ses vertus. Tout dépend de votre commencement. Pour faire régner l’affection mutuelle, aimez vos proches ; pour faire régner le respect mutuel, respectez ceux qui sont plus âgés que vous. Commencez par votre famille et votre domaine particulier; l’influence de vos exemples finira par s’étendre jusqu’aux rivages des quatre mers.

5. Oh ! l’empereur votre prédécesseur, (lorsqu’il n’était encore que chef d’une principauté particulière), s’appliqua d’abord à observer lui-même et à faire observer les grandes lois des relations sociales. Il déférait sans résistance aux représentations qui lui étaient adressées, et prenait pour modèles les anciens sages. Dans le gouvernement de ses sujets, il se signala par sa perspicacité; dans ses rapports avec son souverain, il se signala par sa fidélité. Il aimait à reconnaître le bien qui était dans les autres, et n’exigeait pas qu’ils fussent absolument parfaits. Il se commandait à lui-même, et paraissait toujours craindre de ne pas le faire avec assez de sévérité. Il parvint ainsi à ranger tous les peuples sous ses lois. Mais que d’efforts il dut faire !

6. Il chercha partout des sages qui vous aidassent à bien gouverner, vous ses descendants et ses successeurs.

7. Il statua des châtiments pour punir les officiers, et donna les avis suivants aux hommes constitués en dignité : « Se permettre d’avoir toujours des chœurs de pantomimes dans le palais ou des chanteurs ivres dans la maison, cela s’appelle imiter les sorcières (qui dansent et chantent en l’honneur des esprits). Se permettre de courir après les richesses ou les plaisirs lascifs, donner tout son temps aux voyages d’agrément ou à la chasse, cela s’appelle mener une vie licencieuse. Sepermettre de mépriser les maximes des sages, faire de l’opposition aux hommes loyaux et sincères, écarter les vieillards vertueux, vivre familièrement avec des jeunes gens effrontés, cela s’appelle tenir une conduite déréglée. Des dix défauts compris sous ces trois catégories, un seul dans un ministre d’État suffit pour ruiner sa maison ; un seul dans un prince suffit pour lui faire perdre ses États. Si un ministre (voyant l’un de ces défauts dans son prince) néglige de lui adresser des représentations, qu’il soit marqué au front. Que cet enseignement soit inculqué aux jeunes gens dès le commencement de leurs études.

8. Oh ! vous qui lui succédez, prince, observez pour vous-même (cet enseignement de votre aïeul) ; réfléchissez-y bien. Les conseils des sages ont une grande portée ; leurs excellents préceptes sont très clairs. La conduite du roi du ciel n’est pas invariable. Il envoie toutes sortes de faveurs à celui qui fait le bien, et toutes sortes de p.118 malheurs à celui qui fait le mal. Ne négligez aucune bonne action, quelque petite qu’elle soit, et vous rendrez tous les peuples heureux. Évitez toute mauvaise action, grande ou petite ; sinon, vous renverserez les temples de vos ancêtres (vous perdrez votre dynastie). »

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Le roi Tang et le ciel

尹 et 圣 défrichement

25 septembre 2021

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