共 et la création

Le voyage dans l’évolution des caractères aide à affiner sa connaissance du vocabulaire et de comprendre les mécanismes de sa constitution. Penchons-nous sur 共 gòng!

共 et ses mains

La graphie  de 共 des Shang présente souvent deux mains qui offrent un récipient :

Certaines inscriptions n’ont que deux mains, par exemple la pièce Heji 6409. Les graphies anciennes ossécailles, sur bronze ou sur d’autres supports, ne sont pas toujours facilement identifiables. Du premier coup d’œil, peut-on facilement repérer les deux mains sur l’illustration ?  Après la reconnaissance, il faut avoir la souplesse d’esprit pour comprendre que le scribe a omis le récipient !!!

Les significations s’accumulent

Le premier sens de ce caractère est fournir. Il signifiait aussi, sous les Shang, offrir une victime, rassembler le peuple, les travailleurs, recruter des soldats. 共 était également le nom d’un devin selon certaines hypothèses.
L’idéogramme a par la suite pris d’autres sens dans la période classique : commun, général, respectueux, saluer avec les mains jointes.

Dissociation

Afin d’éviter la confusion ou de l’atténuer, Wang Ning explique qu’un phénomène de dissociation  se déroule avec la création d’autres caractères qui ont « pris en charge » plusieurs significations, « atténuant le fardeau » de 共 . Ils contiennent tous 共 :
拱 gǒng saluer les mains jointes, tenir à deux mains, entourer
供 gōng fournir, approvisionner, servir
供 gòng offrande, avouer
恭 gōng respectueux, plein de vénération

Sens moderne

De nos jours, 共 veut dire commun, général, ensemble, au total. On le retrouve dans de nombreux binômes, tels 共同 gòng tóng commun, 公共 gōng gòng public, 共产 gòng chǎn communiste ou 中共 zhōng gòng PCC.

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26 août 2021

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