La capitale 京, 雨, pluie et leur porte

Votre professeur, un jour, a-t-il évoqué le lien entre ces deux caractères ? La mienne, oui, mais l’histoire remontre à plusieurs décennies et j’avais oublié la relation. Il n’est franchement pas facile de les réunir, que ce soit par la signification, le son ou la forme. Les sens modernes de 京 jīng sont capitale et Pékin et ceux 雨 yǔ, pluie et yù pleuvoir.

Ce matin, après être tombé du lit, j’ai atterri sur des études fort intéressantes « Recherches comparatives sur les écritures ossécailles 甲骨文比較研究 » de Hua Qiang 華強. Il analyse une bonne centaine de graphies de l’époque et c’est un régal.

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京 et sa montagne renversée

Regardons d’abord les premières écritures ossécailles :

La partie inférieure de 京 est une montagne 山 renversée :

 雨  et sa montagne renversée

Pour la pluie, nous observons presque la même chose, la montagne renversée se trouve en haut cette fois :

京 et la porte de la ville

Les graphies de 京 représentent un bâtiment élevé de la dernière période Shang. Hua Qiang estime que la partie inférieure désigne les portes des remparts d’une ville. La partie supérieure évoque le poste de de surveillance. Les trois traits verticaux dessous représentent la porte de l’époque avec ses deux battants et un poteau de séparation. Les découvertes archéologiques dans la capitale des Shang, près de l’actuelle Anyang dans le Henan ont prouvé la justesse de cette observation.

雨  et la porte du ciel

La graphie de la pluie a donc également la porte sur la partie supérieure et les traits dessous représente les gouttes. La porte est la porte du ciel d’où tombe la pluie. 
Le lien est donc retrouvé

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27 juillet 2021

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