Divination et roi en pays Shang

Après la première carapace de l’article précédent, arrêtons-nous sur les graphies importantes de ces inscriptions :卜, 貞 et 王.

卜 bǔ divination

卜 bǔ se trouve généralement après la date et signifie divination. Elle a principalement deux graphies sous les Shang : . Elles représentent les fissures ou craquelures des os ou carapaces après le processus de brûlage lors de la séance de divination.

贞/貞 zhēn mandat

贞/貞 zhēn est l’autre point important de l’inscription, il introduit l’objet de la question. Les premiers pictogrammes représentaient le vase sacrificiel 鼎, d’où l’idée du récipient qui contient l’interrogation, l’objet de la divination, le mandat ( voir Les deux raisons de la pensée chinoise de L. Vandermeersch, p.45).

Sous les Royaumes Combattants, la simplification a abandonné 鼎 pour le coquillage 貝. (Un des milliers d’exemples qui atteste que la simplification de l’écriture chinoise n’a pas attendu l’ère communiste). 贞 a perdu cette signification pour vouloir dire à l’ère moderne chaste, pur, droit, vertueux.

王 wáng roi

Quant au roi 王 wáng, l’écriture la plus courante est la numéro 1 qui n’a pas le troisième trait horizontal du dessus, à la différence des écritures 2 et 3, et du caractère moderne. Les recherches chinoises les plus récentes pensent que ces graphies désignent une hache de guerre.

Les érudits Han, qui aimaient faire correspondre leur vision du monde et leur cosmogonie à leur explication des caractères, avaient une conception qui fit fortune : « Roi, celui vers qui converge tout ce qui se trouve sous le ciel. Dong Zhongshu dit : Dans l’ancienne façon de tracer le caractère, il y a trois traits (horizontaux) reliés entre eux par un trait (vertical) médian ; les trois traits représentent le Ciel, la Terre et l’Homme ; celui qui les réunit et les fait communiquer, c’est le roi. Confucius a dit : Unir les trois, c’est être roi» ( Traduction Grand Ricci). Si ce commentaire est historiquement erroné, il a une valeur certaine pour mieux comprendre les conceptions de la Chine antique et je ne le rangerais pas dans la catégorie des fausses étymologies qui foisonnent, mais je le considère comme une interprétation de valeur. Kyril Ryjik semble avoir un tel avis quand il pense que la thèse de Dong Zhongshu est « garantie erronée, mais anthropologiquement fondamentale dans son écho. » Il existe d’autres visions des graphies qui évoquent un tertre, un signe phallique ou un personnage debout sur le sol. Voir les pages 190 à 195 du tome 2 de l’Idiot Chinois de l’édition de 2014 de Ryjik.

Les graphies de l’époque de 王 ont des airs de famille avec celles de 天 tiān ciel, 大 dà grand et ses dérivés, 立 lì se tenir debout et 夫 fū, adulte, homme. Attention !

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7 juillet 2021



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