信 et le Maître

Extrait des Entretiens de Confucius
Gouverner, II, 22

人而無信,不知其可 大車無輗小車無軏,其何以行之哉 rén ér wú xìn, bùzhī qí kě yě Dà chē wú ní xiǎo chē wú yuè, qí héyǐ xíng zhī zāi
Couvreur : Je ne sais à quoi peut être bon un homme qui manque de sincérité. Comment employer un char à bœufs sans joug, ou une petite voiture sans attelage ? 
Lévi : Je me demande s’il peut être réellement homme celui qui n’est pas digne de foi : une charrette sans joug qui ne peut avancer

信 est le caractère central de cette phrase. Anne Cheng dans son « Histoire de la pensée chinoise » explique ainsi le terme : « L’harmonie de ces cinq relations considérées comme fondamentales par les confucéens est garantie  par la relation de confiance (xin 信), dont la graphie évoque l’homme tout entier dans sa parole, l’adéquation entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. Cette intégrité qui rend un homme digne de confiance est elle-même la condition de son intégration dans le corps social. » Les deux traducteurs rendent l’idée par « sincérité » et « digne de foi », ce qui reste fidèle à cette notion.
La graphie est composé de l’homme 亻et de la parole 言. Les significations modernes sont croire, confiance.
而, ici, amène une supposition, a la valeur de 如果 si. 
Cette phrase ne présente pas de grosses difficultés ; même si on ne connaît pas cette valeur de 而, on peut aisément comprendre le sens. Littéralement :
人而無信 homme – si – pas – confiance.


其, il (pour l’homme)
輗 Pièce servant à fixer le joug 
軏 cheville servant à fixer le joug à l’extrémité du timon d’une voiture, taquet
何…哉 ? Indique une question rhétorique (dont on n’attend pas de réponse).

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22 avril 2021

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