Aux Sources Jaunes

Chinois classique (12), Zuo Zhuan

 遂寘姜氏于城潁,而誓之曰:“不及黄泉,無相見也。”——既而悔之。Suì zhì jiāng shì yú chéng yǐng, ér shì zhī yuē:“Bùjí huángquán, wū xiāng jiàn yě.”——Jì’ér huǐ zhī
遂置姜氏于城颍,而誓之曰:“不及黄泉,无相见也。”——既而悔之。

Dans les lignes précédentes, l’auteur rapporte le jeu de la mère, Jiangshi, qui voulait la perte du prince aîné au profit du cadet, mais ce dernier a été vaincu.
遂, signifie ensuite, c’est une conjonction de succession, qui montre que le fait qui suit est le résultat du précédent fait. La conséquence est « l’assignation à résidence » de la mère.
Nous avions déjà rencontré 遂 au début du de l’histoire. Après la naissance difficile du Prince, elle le prit en aversion , 恶之 suì è zhī, et puis (elle) l’eut en aversion.
Un autre exemple :  侵蔡蔡潰伐楚 qīn cài cài kuì suì fá chǔ, Il envahit le pays de Cai ; Cai mis en déroute, ensuite, il attaque le pays de Chu.

寘 mettre dans

城潁 La ville de Chengying. Couvreur traduit les deux caractères par  » la ville de Ing qui était entourée de remparts » alors que la ville s’appelle Chengying et non Ying. Il a séparé les deux caractères et prit le sens de 城, remparts. 

誓 jurer, 誓之 : il lui jura. On remarque la composition verbe jurer 誓 + pronom 之 + dire 曰. 

及, atteindre voir ici. 

黄泉 : Les sources jaunes, ce sont, dans la pensée populaire, le pays des morts. Les exégètes chinois donnent comme équivalent à 黃泉 sources Jaunes, 墓 tombe ou 墓穴 mù xué caveau. 
Voir le texte de Granet La Vie et la Mort, croyances et doctrines de l’antiquité chinoise 

悔 : regretter

之 : pronom, remplace « il lui jura ».

既而 :puis, ensuite, par conséquence. Généralement,  既而 amène une conséquence. Ici, on peut voir qu’il regrette vite ces paroles trop fortes. Si, à l’époque de l’écriture de ce texte, l’écriture chinoise est en majorité monosyllabique, il existe bien entendu des mots avec deux ou plusieurs syllabes, comme 既而, qui a conservé sa signification ancienne dans la langue d’aujourd’hui.

Traduction moderne : 庄公就把武姜安置在城颍,并且发誓说:“不到黄泉(不到死后埋在地下),不再见面!”过了些时候,庄公又后悔了。

Couvreur : «  A la suite de ces événements, Tchouang koung plaça Kiang cheu dans la ville de Ing qui était entourée de remparts (au N.O. de Lîn ing hién, Ho nan). Il jura que, tant qu’ils ne seraient pas descendus tous deux dans la terre jusqu’aux sources, c’est-à-dire, dans la tombe, jamais ils ne se reverraient. Ensuite il se repentit de ce serment.

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