Chinois classique (2), l’omission

Le texte d’hier du Zuozhuan mérite un retour. La phrase du chinois classique est plus compacte. Elle omet parfois des éléments. Fan Keli, dans son ouvrage en français « Les modèles de phrase dans le chinois classique 古文句法 », au chapitre 6 «  Les éléments elliptiques », rappelle qu’un des éléments clés de la phrase complète, sujet, verbe ou complément d’objet direct, peut être omis. 

L’omission du sujet est plus fréquente qu’en chinois moderne.

Regardons le texte d’hier :

初,鄭武公娶于申,曰武姜, Autrefois, le prince Wu de Zheng épousa une fille de Shen, elle s’appelait Wu Jiang. Dans la première phrase, le sujet 鄭武公est bien présent avec le verbe 娶. Dans la suite, ce n’est plus le cas.
 曰武姜 signifie « Elle s’appelait Wu Jiang. La femme, dans la proposition précédente, n’est déjà pas clairement mentionnée. Le verbe 娶 est employé pour dire qu’un homme épouse une femme, mais le mot femme ou fille n’est pas utilisé.  Et dans cette phrase, 曰武姜, 曰 n’a point de sujet, à moins qu’on considère la tournure équivalent à une forme passive du type «  On l’appelait… »

La suite ne voit pas de sujet non plus : 生莊公及共叔段, elle mit au monde au Zhuanggong et Gong Shuduan. 生 donner naissance n’a pas de sujet. Dans le contexte, on comprend que c’est la femme qui donne naissance. Le risque de confusion n’existe pas car l’autre personnage est son mari. Les manuels affirment que l’omission a lieu lorsque la signification reste claire.

 


Nous verrons d’autres exemples dans le futur.

 

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26 mars 2021

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