Vers 750 millions d’habitants en Chine?

Le vieillissement de la Chine fait partie des principaux défis que le pays affronte (voir l’article ici). Les débats sur la libéralisation et l’autorisation d’avoir un troisième enfant se multiplient. Le 25 octobre, l’économiste Ren Zeping 任泽平 a publié un rapport annuel sur la démographie qui propose de redonner l’autonomie au couple en matière de naissance et d’avoir un troisième enfant. Pour lui, sans changement, le pays fait face à une baisse de la population qui pourrait la ramener à 750 millions de personnes à la fin du siècle. L’étude commençait ainsi : « Le nombre de naissance en Chine continue de baisser, le désir d’avoir des enfants a considérablement diminué et le vieillissement s’accélère 中国出生人口持续下降,生育意愿大幅降低,老龄化加速到来. » Il a divisé son analyse en trois volets : 1. Le vieillissement de la Chine s’accélère à l’approche du pic démographique, 2. Trois idées fausses largement diffusées sur la population chinoise3. Recommandation politique : Encourager les naissances dès que possible, et s’occuper activement du vieillissement de la population.
Il analyse les causes de ce vieillissement à tous les niveaux, économique, naturel et politique. Il montre les erreurs de diagnostic des fonctionnaires décisionnaires et indique les mesures concrètes qui doivent accompagner la libéralisation des naissances. La suite de cet article est un résumé de son travail, riche d’informations.

Le vieillissement de la Chine s’accélère à l’approche du pic démographique

1.1 Le taux de natalité de la Chine continue de baisser

Baby-boom puis chute des naissances
La République Populaire de Chine a connu trois vagues de baby-boom, avec une moyenne de naissance de 21 millions par an en 1950-1958, 26,28 millions en 1962-1975 et 22,46 millions en 1981-1994, avant de retomber progressivement à environ 16 millions en 2003-2012, dont 16,35 millions en 2012. Le taux de natalité est passé de 6 avant les années 1970 à 2 en 1990, puis à environ 1,5-1,65 après 2010. Le quatrième cycle du baby-boom devait arriver après 2010, mais la longue période de planification familiale très stricte l’a remporté. Dans ce contexte, la politique de l’enfant unique a finalement été assouplie, fin 2012, mais les résultats ont été inférieurs aux attentes, avec 16,4, 16,87 et 16,55 millions de naissances en 2013-2015.Fin 2015, la libéralisation complète de la politique des deux enfants a suscité une hausse des naissances en 2016 avec 17,86 millions, signant un pic depuis 2000 ; mais la tendance ne s’est pas confirmée en 2017 et la chute a repris : 2017, 17,25 ; 15,23, 2018 et 14,65, 2019.

La baisse des naissance s’accélère
Naissance pour 10 000 personnes
Estimation

vieux chine

Les causes
La réduction significative de la diminution du nombre de naissances en 2019 est principalement due à la réduction du nombre de femmes en âge (15 à 49 ans) de procréer en 2018. Les données le montrent : 4,91, 3,98, 7,15 et 5,02 millions de 2016 à 2019. Le nombre de femmes de 20 à 35 ans, qui représentaient plus de 85 % des naissances, a diminué de 1,94, 2,64, 3,98 et 3,31 millions, Le taux de natalité a bondi à 1,7 en 2016, ce qui représente une hausse significative par rapport à 2015, il a légèrement baissé en 2017, a diminué de manière significative pour atteindre environ 1,5 en 2018, et est restée pratiquement inchangée en 2019. 
Les coûts directs du logement, de l’éducation et des soins de santé élevés, une retraite à préparer inhibent le « comportement reproductif ». Premièrement, les prix du logement augmentent rapidement, le ratio montant des emprunts immobiliers de la population/revenus disponibles 居民房贷余额/可支配收入est passé de 16,2 % à 47,6 % de 2004 à 2018, poussant le taux d’endettement de 28,6 % à 88,4 %. Le coût de l’éducation a sensiblement augmenté, d’autant plus que l’offre de jardins d’enfants publics est très insuffisante, ce qui oblige les familles à choisir des jardins d’enfants privés plus coûteux, et que certaines écoles ont transformé les « devoirs à la maison » en devoirs parentaux, rendant l’éducation des enfants très difficile ; le nombre d’enfants fréquentant les jardins d’enfants publics en Chine est passé de 95 % à 43 % entre 1997 et 2018. Les coûts médicaux ne cessent de monter, les dépenses de santé ayant été multipliées par 27 entre 1995 et 2018, soit bien plus que l’augmentation de 9,2 fois du revenu disponible. Quatrièmement, la structure familiale « 4-2-1 » des couples avec un seul enfant nécessitant la prise en charge des grands-parents, constitue un obstacle au désir de donner le jour à des enfants.
L’écart entre le taux d’activité des femmes et des hommes en Chine s’est creusé de 11,6 à 14,8 points de pourcentage entre 1990 et 2019, à l’inverse de la tendance des pays développés, comme aux États-Unis, dans l’Union européenne et au Japon.

1.2 La population chinoise vieillit rapidement et entrera dans une société profondément vieillissante en 2022

Trop vieille, trop vite
En 2019, la population chinoise âgée de 65 ans et plus représente 12,6 %. Aux États-Unis, au Japon et en Corée, où la proportion de la population âgée a atteint 12,6 %, le PIB par habitant est à plus de 24 000 dollars, alors que la Chine touche le seuil des 10 000. Le niveau de vieillissement de la Chine a augmenté en moyenne de 0,2% par an de 2001 à 2010 et d’environ 0,4% de 2011 à 2018., Au niveau mondial, en 2019, la Chine se classait au 61e rang des économies en termes de degré de vieillissement, soit 2,2 points de plus que les économies à revenu intermédiaire supérieur. En 2019, la proportion de la population mondiale âgée de 65 ans et plus approchait 9,1 %, 18,0 % et 10,4 % dans les économies à revenu élevé et celles à revenu intermédiaire supérieur ; les trois premières économies en termes de degré de vieillissement mondial sont le Japon, l’Italie et le Portugal, avec des proportions respectives de 28,0%, 23,0% et 22,4%. En termes de comparaison internationale entre le degré de vieillissement et de niveau de développement économique, les États-Unis, le Japon, la Corée et la Chine ont atteint un PIB par habitant de 10 000 dollars en 1978, 1981, 1994 et 2019 respectivement, alors que la proportion de la population âgée de 65 ans et plus était de 11,2 %, 9,2 %, 5,8 % et 12,6 %, respectivement. Les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et la Chine ont atteint 12,6 % de la population âgée de 65 ans et plus en 1990, 1992, 2015 et 2019, alors que le PIB par habitant était de 24 000, 30 000, 27 000 et 10 000 USD.
En termes de tendance de développement, la population chinoise vieillit à une vitesse et à une échelle sans précédent, et entrera dans une société profondément vieillissante représentant plus de 14 % en 2022, et une société super-vieillissante représentant plus de 20 % vers 2033, après quoi elle continuera à augmenter rapidement pour atteindre environ 35 % en 2060. Avec la baisse des taux de natalité et l’augmentation de la longévité, le vieillissement est un phénomène mondial, mais la Chine vieillit à un rythme sans précédent en raison de sa longue histoire de planification familiale. Par rapport à la situation dans les pays développés, il a fallu 126 ans à la France, 46 ans au Royaume-Uni, 40 ans à l’Allemagne et 24 ans au Japon (1971-1995) pour passer du vieillissement, 7 % de la population âgée de 65 ans et plus, au vieillissement profond, plus de 14 % ; 28 ans étaient nécessaires à la France (1990-2018) et 24 ans à l’Allemagne (1971-1995) pour passer du vieillissement profond au super vieillissement avec plus de 20 % de la population âgée. La population chinoise âgée de 65 ans et plus dépassait 7 % en 2001, et est entrée dans une société vieillissante. On s’attend à ce que la Chine devienne une société profondément vieillissante en 2022, puis une société super-vieillissante dans 11 ans, c’est-à-dire vers 2033. De plus, en raison de sa large base de population, la population âgée de la Chine est également sans précédent : en 2019, la population chinoise de 65 ans et plus atteignait 176 millions, et devrait dépasser 376 millions d’ici 2050 et culminer à 414 millions en 2058, date à laquelle environ un Chinois sur trois aura 65 ans ou plus. En 2019, la Chine comptera plus de 32 millions de personnes âgées de 80 ans et plus, soit 2,3 % de la population. On prévoit qu’il y en aura environ 53 millions en 2030, soit 3,8 % de la population, 130 millions en 2050, soit 10,3 % de la population ; un pic de 174 millions en 2073, soit 17,1 % de la population, et 156 millions en 2100, soit 20,8 % de la population.

Accélération de la proportion des personnes âgées :

Population des personnes âgées ( à partir de 65 ans) en centaines de millions, à gauche
Proportion, à droite



Limitation de la compétitivité
En outre, l’âge médian de la population chinoise est passé de 21,9 à 36,5 ans entre 1980 et 2015, et devrait atteindre 43,0 et 50,7 ans en 2030 et 2050, respectivement. Au niveau international, l’âge médian de la population aux États-Unis, en Europe, au Japon et en Inde était de 37,6, 41,4, 46,4 et 26,8 ans en 2015, et il sera respectivement de 42,7, 47,1, 54,7 et 38,1 ans en 2050. D’ici 2050, l’âge médian de la population chinoise sera nettement plus élevé que celui des États-Unis, de l’Europe et de l’Inde, ce qui limitera la compétitivité internationale.

Le trou des retraites
Le vieillissement de la population rend de plus en plus évident la difficulté des recettes et des dépenses de la sécurité sociale, le trou des pensions va s’élargir. Le solde des recettes et des dépenses du fonds d’assurance sociale à la mi-2018 était de 1 162,2 milliards de yuans, et l’excédent réel après exclusion des subventions financières était de -603,3 milliards de yuans, une sixième année négative consécutive. L’assurance retraite représente 70 % du budget du système de sécurité sociale, et l’excédent réel du fonds de pension en 2018 était de -450,4 milliards de yuans, négatif depuis six années également. Le déficit actuel de la sécurité sociale est principalement dû aux dettes historiques, des entreprises d’État de l’ère de l’économie planifiée. Une partie de la population ne cotisait pas, mais elle bénéficiait de pensions. En novembre 2017, le Conseil d’État a mis en place un plan de transfert de 10 % du capital des entreprises d’État avant la fin de 2020 pour contribuer au comblement du trou. Cependant, à mesure que la population continue de vieillir, le problème du financement des pensions s’accentuera. Dans les villes, le ratio de dépendance (nombre de travailleurs actifs/retraités) est tombé à 2,55 en 2018. Quatre provinces n’arrivaient pas à joindre les deux bouts, 18 provinces avaient un délai de paiement du solde cumulé inférieur à 12 mois, et dans huit provinces, le ratio de dépendance était tombé à moins de 2. Parmi eux, le Fonds des pensions du Heilongjiang affiche des difficultés depuis 2013. En outre, à mesure que le processus de vieillissement s’intensifie, la pression sur les dépenses médicales augmentera également. Selon une enquête du Service national de santé, de 2003 à 2013, le ration nombre de patients/population enquêtée sur deux semaines des résidents des zones étudiées en Chine est passé de 14,3 % à 24,1 % ; parmi eux, le taux de prévalence des personnes âgées de 65 ans et plus est passé de 33,8 % à 62,2 %, le taux de la population âgée en 2013 était 2,58 fois plus élevé que la moyenne.

1.3 La population de la Chine a dépassé 1,4 milliard d’habitants, mais la tendance vers la baisse va commencer

Surestimation des données
En 1949,  la population de la Chine (à l’exclusion de Hong Kong, Macao et Taiwan et des Chinois d’outre-mer) était à égale à 540 millions, elle a dépassé le milliard en 1981 et 1,4 milliard en 2019. La population chinoise a mis 12 ans pour passer de 800 millions à 1 milliard d’habitants, 14 ans de 1 milliard à 1,2 milliard et 24 ans de 1,2 milliard à 1,4 milliard. Le plan national de développement démographique de 2016 (2016-2030) vise 1,42 milliard d’habitants en 2020, et pour atteindre cet objectif prévu, il faudrait une augmentation de la population chinoise d’environ 20 millions en 2020, ce qui n’est manifestement pas possible. Le Plan national de développement démographique (2016-2030) se trompe dans ses projections car il surestime l’impact de la politique globale en faveur des deux enfants sur l’augmentation de la fécondité. En effet, il prévoit que le taux de natalité se situera autour de de 1,8 en 2020 et 2030, ce qui donnerait un pic de la population à 1,45 milliard vers 2030.
Les Nations unies ont également surestimé la croissance démographique de la Chine, le scénario chinois prévoyant un pic de 1,46 milliard de personnes en 2031. Les Perspectives de la population mondiale des Nations unies (2019) présentent neuf scénarios de projection de la population chinoise, le scénario moyen supposant un taux de fécondité total de 1,70, 1,72 et 1,73 pour 2015-2020, 2020-2025 et 2025-2030, respectivement, ce qui donne un sommet à 1,46 milliard de personnes en 2031. Par ailleurs, son scénario bas suppose un taux de fécondité total de 1,45, 1,32 et 1,23 pour 2015-2020, 2020-2025 et 2025-2030, respectivement, avec une population de 1,45 milliard en 2024.

750-800 millions en 2100
Nous prévoyons que la population chinoise connaîtra une croissance négative pendant la période du 14e plan quinquennal, puis qu’elle diminuera fortement à partir de 2050 et enfoncera le plancher des 800 millions d’ici 2100, la part de la Chine dans la population mondiale tombera d’environ 19 % à 7 %. Avec un taux de natalité estimé à 1,4, la population chinoise atteindra un plus haut vers 2022. Le recul est plus lent au cours des 25 à 30 premières années suivant le pic de population, mais il deviendra nettement plus rapide lorsque la population née pendant la période de forte fécondité de 1962-1975 arrivera en fin de vie. La baisse s’élèvera à 9% de 2022 à 2050, et de 22 % de 2050 à 2075, puis de 25 % de 2075 à 2100. La part de la Chine dans la population mondiale était de 22 % en 1950, elle a légèrement diminué pour atteindre environ 19 % en 2019, elle chutera à environ 7 % en 2100. Au fil de cette diminution, la Chine perdra un avantage et sa force globale sera affectée.

Prévisions sur l’évolution.
Les trois couleurs représentent les hypothèses basses, moyennes et hausse sans changement de mesures :
Unité ( à gauche) : centaine de millions

population de la chine

1.4 Disparition du « dividende » démographique et baisse du taux de croissance économique potentiel de la Chine
En termes de croissance économique, la proportion de la population en âge de travailler a atteint un sommet en 2010 et devrait diminuer de 23 % entre 2019 et 2050 ; le taux de croissance économique de la Chine est passé de 10,6 % à 6,1 % entre 2010 et 2018 ; il est sur le point d’entrer dans l' »ère des 5″. Le dividende démographique a été un facteur important dans le maintien de la forte croissance économique de la Chine dans le passé ; après la réforme et l’ouverture de 1978, la Chine a connu une croissance rapide pour devenir la deuxième économie mondiale, s’appuyant sur une main-d’œuvre nombreuse et jeune et sur l’énorme marché unifié qui en découle ; la deuxième vague de baby-boomers, de 1962 à 1975, a été la principale force de construction au cours des 40 années de réforme et d’ouverture, produisant et épargnant davantage et consommant moins, ce qui a suscité l’envol du taux d’épargne et de l’investissement. L’épargne a dépassé l’investissement et généré en partie un excédent commercial, tandis que l’excès de liquidités et la hausse du revenu par habitant ont tiré à la hausse la consommation et le taux de croissance potentiel de l’économie. Toutefois, dans un contexte de faible taux de natalité à long terme, la proportion et la taille de la population chinoise en âge de travailler (15-64 ans) ont atteint un pic en 2010 et 2013 respectivement, et le dividende démographique a disparu, ce qui a entraîné une baisse du taux de croissance potentiel de l’économie chinoise et pousse à changer de vitesse. En termes absolus, le taux de dépendance total de la population chinoise actuelle est d’environ 40 %, et la période future se trouve encore dans la « fenêtre d’opportunité démographique » (moins de 50 %) lorsque le fardeau démographique est relativement léger. Selon le recensement chinois de 2010, la population née dans les années 80, 90 et 2000 est de 219 millions, 188 millions et 147 millions respectivement. La génération des années 90 compte 31 millions de moins que la génération des 80 et celle des années 2000, 41 millions que celles des 90. Cette tendance va se poursuivre. Actuellement, l’offre de travail baisse et les coûts augmentent, une partie de la production manufacturière a commencé à migrer vers l’Asie du Sud-Est, l’Inde et d’autres pays.

Changement structurel dans la consommation
En termes de consommation, le vieillissement entraîne des changements structurels dans la consommation, comme la part des soins de santé qui augmentera progressivement. Selon la théorie de la consommation sur le cycle de vie, les personnes âgées ont une propension moyenne à consommer, le vieillissement augmentera le taux de consommation mais réduira le taux de croissance de la consommation. En Chine, la consommation en pourcentage du PIB a atteint son plus bas niveau en 2010 et est passée de 35,6 % à 39,0 % entre 2010 et 2018, tandis que le taux de croissance des dépenses de consommation a chuté de 15,3 % à 9,5 %. Il existe également des différences dans les préférences de consommation entre les différentes générations, par exemple les post-80 préfèrent la maternité et l’automobile, les post-60 et 70 l’alcool, et les pré-60 les produits pharmaceutiques et les soins de santé, de sorte que les changements dans la structure d’âge de la population ont des impacts différents sur les différentes industries. Par exemple, la tranche d’âge des 25-54 ans a atteint son point culminant en 2017, et le taux de croissance des ventes de tabac et d’alcool ralentira par la suite ; la tranche d’âge des 20-50 ans, les principaux acheteurs de logements, a atteint son point culminant en 2013, comme la superficie des nouvelles constructions résidentielles, 1,4 milliard de mètres carrés en 2011 et 2013 ; le taux de croissance de la consommation d’appareils électroménagers, de meubles, de décoration de bâtiments et d’autres industries liées à l’immobilier ont connu leur sommet en 2010 ; la tranche d’âge des 25-45 ans des principaux acheteurs de voitures a atteint son point culminant en 2003. La croissance des ventes de voitures diminue dans un contexte de volatilité, avec une croissance négative pour la première fois en 2018, mais les nouveaux véhicules à énergie ont un potentiel énorme ; le vieillissement stimule la consommation de soins de santé de 6,2 % à 7,8 % en 2013-2018.

2 Trois idées fausses largement diffusées sur la population chinoise

Depuis longtemps, la population chinoise fait l’objet d’un débat sans fin, axé sur trois aspects principaux : 1) Quelle est la taille appropriée de la population chinoise ? 2) Le nombre de personnes est-il moins important que la qualité de la population ? 3) La population chinoise devrait-elle être totalement libérée et encouragée à avoir des enfants immédiatement ?

2.1 Quelle est la taille de la population appropriée pour la Chine ?

La « théorie de la population appropriée » est la pierre angulaire théorique de la politique de planification familiale, beaucoup soutiennent ce point de vue, qui est la source de toutes les controverses. Points de vue opposés : Hu Baosheng, Song Jian, Tian Xueyuan et d’autres chercheurs ont estimé au début des années 1980 que la population appropriée de la Chine serait d’environ 700 millions de personnes en un siècle ; si aucun contrôle de la population n’est effectué, la population de la Chine pourrait atteindre 4,3 milliards d’habitants en 2080, arguant ainsi de la nécessité de la politique de l’enfant unique.
Nous pensons que, premièrement, la « population appropriée  » est un concept abstrait qui nécessite de nombreuses hypothèses à long terme, difficiles à mesurer dans une perspective historique. 
Deuxièmement, la capacité de charge de la population continue de s’améliorer avec le progrès technologique, et il n’y a pas de population statique et appropriée en termes absolus. Au milieu et à la fin du XXe siècle, l’idée d’une « explosion démographique » prévalait, et en 1948, le chercheur britannique Wiliam Voget a indiqué que la capacité de charge maximale des terres et des ressources naturelles est de 2,2 milliards de personnes, et que les êtres humains sont menacés d’extinction. Dans « The Bomb P », Paul Ehrlich, de l’université de Stanford, affirme que la population mondiale, alors estimée à 3,5 milliards de personnes, avait dépassé la capacité de charge de l’écologie de la planète et prédit des famines et des troubles incontrôlables dans les années 1970 et 1980. Aujourd’hui, la population mondiale est proche de 7,6 milliards, sans connaître, ni un épuisement des ressources, ni un effondrement de l’environnement. La capacité de charge des ressources et de l’environnement pour la population a augmenté de manière significative avec le progrès technologique. Par exemple, alors que l’homme continue à explorer le pétrole brut et le gaz naturel, le ratio mondial de stockage et de récupération du pétrole brut (réserves restantes/production de l’année) de 1980 à 2017 est passé d’environ 30 ans à 50,2 ans, augmentant plutôt que diminuant, et le ratio de stockage et de récupération du gaz naturel a également fluctué de 49,9 ans à 53,6 ans. Selon la Banque mondiale, entre 1960 et 2015, la part de la consommation mondiale de combustibles fossiles a baissé de 94,1 % à 79,7 %, et la part de la consommation d’énergie nucléaire et alternative a augmenté de 2,7 % à 13,4 %.

2.2 L’essentiel est d’améliorer la qualité de la population ; la taille de la population est-elle moins importante ?

Dans la société actuelle, l’importance du capital humain est de plus en plus importante, de plus l’intelligence artificielle va remplacer le travail manuel en grand nombre, la taille de la population est-elle encore si importante ? 300 millions de personnes aux États-Unis sont plus forts que 1,4 milliard de personnes en Chine ! Contre-argument 1 : le pouvoir national est principalement déterminé par la qualité de la population, et non par sa quantité, et des universitaires comme Li Xiaoping et Cheng Enfu affirment qu’un grand nombre moins important de personnes peut générer un PIB par habitant plus élevé.
Quantité et qualité sont importantes
Nous pensons que, premièrement, la quantité et la qualité de la population affectent conjointement le pouvoir national. D’une part, une population nombreuse est un avantage et non un inconvénient pour un pays ; le rapport entre le PIB de la Chine et celui des États-Unis est passé de 6 % à 63 % de 1978 à 2018, et selon les tendances actuelles, la production économique totale de la Chine dépassera celle des États-Unis vers 2028. Si la Chine ne comptait actuellement que 300 à 700 millions d’habitants, l’écart avec les États-Unis serait bien plus conséquent, et la voie de la renaissance nationale encore plus lointaine. D’autre part, une réduction significative de la population entraînerait la réduction, voire la disparition, d’un grand nombre de villes et d’industries. Par exemple, en 1960-2015, la population de Yubari, la capitale charbonnière du Japon, de 108 000, a plongé à 8 843 habitants, et le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans a grimpé de 9,1 % à 48,6 % en 1980-2015.  La ville a fait faillite en 2006. Selon la tendance actuelle, la population de la Chine tombera de 1,4 milliard à 750 millions d’habitants en 2019-2100, et sa part mondiale de 19 % à 7 %. Les États-Unis ont longtemps encouragé les naissances et l’introduction d’immigrants de qualité, surtout pendant les deux guerres mondiales avec un environnement stable pour attirer un large nombre et des talents. De 1900 à 2018, la population américaine, de 76,21 millions n’a cessé d’augmenter pour dépasser 330 millions. Les Nations Unies estiment qu’en 2100 elle atteindra 430 millions, ce qui joue un rôle important dans la formation et la consolidation de la position des États-Unis en tant que grande puissance.

La population consomme, produit et crée
Deuxièmement, la population n’est pas seulement consommatrice, elle est aussi productrice, et une population nombreuse crée un grand marché de la demande et fournit une main-d’œuvre suffisante et plus de talents du côté de l’offre. Le point de vue selon lequel moins de personnes ont un PIB par habitant plus élevé ne voit que la consommation de la population dans l’économie, ignorant la valeur créatrice de la population dans l’économie. Pour le PIB par habitant, la population n’est pas seulement le dénominateur, mais agit également sur la molécule, et le rôle est plus fondamental, plus durable. Aucune expérience historique ne prouve que la population totale et le PIB par habitant sont en corrélation négative et, en réalité, aucun pays ou région ne peut atteindre un développement économique rapide avec une population qui diminue. Dans son discours sur l’état de l’Union prononcé devant l’Assemblée fédérale au début de 2020, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que le destin et l’histoire de la Russie sont en jeu. Les perspectives dépendent de la population, le taux de natalité de 1,5 est trop faible. La Russie doit mettre en place un programme de soutien aux familles clair, large et systématique, avec un accès à un « fonds maternel » pour les familles ayant un seul enfant à partir de 2020.

Les avantages d’un grand marché
Du côté de la demande, les marges de profit des grands marchés permettent aux entreprises d’investir davantage dans la recherche et le développement ; les entreprises y sont plus nombreuses, ce qui peut affiner la division du travail et améliorer l’efficacité de la production. La concurrence entre les entreprises est plus intense et la motivation pour l’innovation plus forte. Une population nombreuse favorise l’innovation. Dans un grand marché, même les petites demandes peuvent former un marché, et les petites innovations technologiques peuvent survivre. Les gens pensent toujours que plus de personnes mènent à des métros bondés, mais la vérité est que les villes avec moins de personnes ne construisent peut-être même pas de métro. En raison de sa forte population, la Chine dispose du plus grand réseau ferroviaire à grande vitesse du monde, soit 35 000 kilomètres depuis la fin de 2019. Dans le même temps, la Chine est également la troisième région après les États-Unis et l’Europe à développer ses propres gros porteurs civils, et actuellement seuls les États-Unis, l’Europe et la Chine disposent d’un marché suffisamment important pour répondre à l’échelle nécessaire à l’industrie des gros porteurs. En raison de l’énorme marché de consommation, l’économie Internet de la Chine connaît une croissance irrésistible, avec des secteurs tels que le commerce électronique, les paiements mobiles, l’économie de partage et l’intelligence artificielle qui se développent rapidement. Selon CB Insight, à la fin de 2018, le nombre et la valeur des licornes en Chine représentaient respectivement 38 % et 42 % du total mondial, et le nombre de nouvelles licornes en Chine est passé de 1 à 32 par an de 2013 à 2018, et aux États-Unis de 15 à 53. L’écart entre la Chine et les États-Unis se réduit rapidement.


Un grand réservoir de talents
Du côté de l’offre, la population est le fondement du talent, et une population nombreuse est la seule façon d’avoir plus de talent et une plus forte capacité d’innovation. La population chinoise ayant un diplôme universitaire ou supérieur est proche de 200 millions, la plus importante au monde. Une population importante signifie un énorme réservoir de talents. De 1982 à 2015, la taille de la population chinoise de l’enseignement supérieur est passée de 6,04 millions à 171 millions de personnes, soit 0,6 % de la population totale à 12,4 %, ce qui fait de la Chine le plus grand réservoir de talents au monde. Selon les données de la Banque mondiale, le taux brut de scolarisation de la Chine (le nombre de personnes recevant un enseignement supérieur par rapport à la population d’âge correspondant) est monté de 12,9 % à 50,6 % en 1970-2018, tandis que l’écart s’est progressivement réduit à mesure que les États-Unis passaient de 47,3 % à 88,2 % en 1971-2017. Le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur en Chine de 1,04 million en 2001, approche 7,53 millions en 2018, une augmentation de 627 %. Les talents de haut niveau sont devenus l’épine dorsale des industries chinoises, et grâce à une équipe d’ingénieurs nombreuse et hautement qualifiée, la Chine est progressivement en train d’acquérir le leadership dans plusieurs domaines.

À l’approche de l’ère de l’intelligence artificielle, avons-nous encore besoin de tant de personnes ? Contre-argument 2 : l’IA déplacera de nombreux emplois et une population importante deviendra un fardeau.

Nous pensons que si l’IA va remplacer certains emplois traditionnels dans l’industrie, elle va également créer une demande accrue d’emplois dans la nouvelle économie et les nouvelles industries. Tous les progrès technologiques de l’histoire ont entraîné une réduction de la main-d’œuvre par unité de production dans les industries traditionnelles sans réduction de l’emploi total, ce qui se traduit par la création simultanée de nouveaux emplois et d’emplois supplémentaires. L’avènement de l’automobile, par exemple, a entraîné le chômage des conducteurs de chariots, mais a créé des emplois tels que la conduite d’autobus et de camions, le développement, la fabrication et la réparation d’automobiles. L’expérience historique montre qu’à mesure que la productivité agricole augmente et que la main-d’œuvre agricole diminue, les agriculteurs « au chômage » entrent dans le secteur manufacturier en usine ; à mesure que la productivité industrielle augmente et que le nombre de travailleurs diminue, les travailleurs « au chômage » entrent dans le secteur des services. La période 1989-1999 a vu l’émergence de l’automobile. L’emploi dans le secteur manufacturier américain est passé de 18,06 millions à 12,81 millions en 2018, soit une baisse de 29 %, mais l’emploi dans le secteur des services de 18,83 millions à 129,31 millions, soit une augmentation de 587 %, et l’emploi total a augmenté plutôt que de diminuer.
L’AI pourrait remplacer 26 % des emplois au cours des 20 prochaines années, mais pourrait également générer 38 % d’emplois supplémentaires. L’étude « The Net Impact of Artificial Intelligence and Related Technologies on Employment in China », publiée par PwC en 2018, prévoit que l’intelligence artificielle créera une augmentation nette de 12 % des emplois en Chine au cours des 20 prochaines années, ce qui équivaut à une augmentation d’environ 90 millions d’emplois. L’IA a non seulement un effet de substitution sur l’emploi, mais aussi un effet sur les revenus, c’est-à-dire que l’IA est plus rentable, ce qui entraîne une baisse des prix des produits de l’entreprise et une augmentation du revenu réel des consommateurs, favorisant la consommation, qui à son tour incite les entreprises à développer leur production, à embaucher plus de main-d’œuvre et à créer plus d’emplois. De plus, l’IA ne peut pas remplacer la fonction de consommation humaine, et la diminution de la demande due à la réduction de la population serait un frein au développement économique.

2.3 La libéralisation complète et l’encouragement de la procréation devraient-ils être immédiats ?

Ces dernières années, la question de la libéralisation totale du système de contrôle des naissances a fait l’objet de débats animés. Contre-argument 1 : la libéralisation totale de la natalité entraînera une augmentation du nombre de naissances chez les riches et les pauvres et une diminution du nombre de naissances dans la classe moyenne, ce qui n’est pas favorable à la justice sociale ; le taux de natalité en milieu rural pourrait augmenter de façon explosive et la qualité de la population déclinerait. Nous pensons que l’accouchement est le droit fondamental de chacun et que le droit d’avoir des enfants doit revenir à l’autonomie de la famille ; la libéralisation totale de la fécondité est un respect équitable pour toutes les familles sans discrimination ; le taux de fécondité rural actuel est encore faible, de sorte qu’il est impossible que la population née en milieu rural augmente de façon spectaculaire. La population rurale ne signifie pas population de faible qualité. Quand on considère la politique de fécondité conditionnelle et différenciée adoptée précédemment pour les différents groupes ethniques et les zones urbaines et rurales, la libéralisation totale est plus équitable.

(2) L’ajustement de la politique de fécondité doit-il être prudent ou accéléré ? Contre-argument 2 : La politique doit être ajustée avec prudence, soit en encourageant plus vigoureusement la naissance de deux enfants, soit en libéralisant la naissance de trois ou quatre enfants avec conditions. Nous pensons que la politique de natalité a été artificiellement retardée pendant trop longtemps et qu’elle ne devrait pas être retardée davantage, mais qu’elle devrait être entièrement libéralisée et encouragée immédiatement. La raison de la libéralisation et de l’encouragement immédiats de la naissance est que la situation démographique actuelle est urgente, car nous sommes maintenant dans la fenêtre d’opportunité pour la naissance d’enfants au milieu et à la fin de la troisième vague du baby-boom, et plus l’ajustement est tardif, plus nous obtiendrons des résultats faibles avec plus d’efforts.

Toutefois, Zhai Zhenwu et d’autres ont estimé que la « politique de l’enfant unique » entraînera un pic de natalité de 49,95 millions et un pic de fécondité de 4,5, ce qui a retardé à plusieurs reprises l’ajustement de la politique. Au début du XXIe siècle, lors des discussions animées sur la politique démographique, le camp conservateur l’emportait et l’ajustement de la politique de fertilité était sans cesse retardé. Song Jian et d’autres personnes en 2007 ont fait valoir que l’indice de natalité est resté stable à environ 1,8 depuis 1990, et ont recommandé que les mesures ne changent pas pendant le 11e plan quinquennal, puis le gouvernement central a publié un document appelant à « tout mettre en œuvre pour stabiliser le faible taux de natalité ». Zhai Zhenwu en 2014 estimait que si la politique des « deux enfants  » avait été lancée totalement en 2012, le taux de natalité total atteindrait un pic de 4,5 et le nombre de naissance de 49,95 millions, ce qui suggérait que la politique des « deux enfants  » devait être reportée. Zhai Zhenwu (2015) considérait que la politique « un-deux enfants » entraînerait une augmentation annuelle de 1,3 à 1,6 million de naissances au cours des 4-5 prochaines années, pour un total de 6,6 millions de nouvelles naissances. Les naissances en 2014 n’ont augmenté que de 470 000 par rapport à 2013, et en 2015, elles ont même diminué de 320 000 par rapport à 2014. Zhai Zhenwu en 2016 pensait également que la politique « globale pour deux enfants » se traduirait par 1,6 à 4,7 millions de nouvelles naissances par an pendant les cinq prochaines années. En 2015, le gouvernement central a mis en œuvre la politique « globale pour deux enfants », mais le nombre de naissances en 2016 n’était que de 0,47 million de plus qu’en 2015. Les années suivantes ont démontré l’échec : une augmentation de 1,31 million pour 2016, un recul de 630 000 en 2017, et même une chute de 2 millions en 2018. Bien que les projections de Zhai Zhenwu soient sensiblement inférieures à celles d’avant, elles ne sont pas réalistes. Les conservateurs ont toujours eu une plus grande influence sur la politique. En 2016, même après la mise en œuvre de la politique globale en faveur de deux enfants moins efficace que prévu, certains fonctionnaires du domaine du planning familial affirment toujours que « la politique globale en faveur de deux enfants a répondu aux besoins de la plupart des familles ».

3 .Recommandation politique : Encourager les naissances dès que possible, et s’occuper activement du vieillissement de la population.

La population n’ « est » pas seulement l’objectif fondamental du développement économique et social, mais aussi l’élément de base du développement économique et social. L’ajustement de la politique de natalité est la réforme structurelle la plus fondamentale et la plus importante du côté de l’offre. Contrairement à d’autres crises, la crise démographique déclenchée par un faible taux de natalité chronique est de longue durée et ses effets sont lents à apparaître, mais une fois qu’elle éclate, elle est difficile à contenir. 

D’une part, une libéralisation complète et un encouragement à la naissance devraient être mis en œuvre dès que possible, afin de rendre le droit à la naissance à l’autonomie familiale et d’accélérer la mise en place d’un système d’aide à la naissance. Tout d’abord, une politique différenciée de crédits d’impôt individuels et de subventions financières doivent être mise en œuvre, couvrant la période allant des soins de la grossesse à l’âge de 18 ans ou à la fin des études universitaires. Explorer la mise en place d’un système global d’incitation, depuis les soins de la grossesse jusqu’à l’accouchement jusqu’à l’âge de 18 ans ou la fin des études universitaires. En outre, les localités peuvent différencier davantage leurs politiques en fonction de leur situation réelle. Deuxièmement, l’offre de services de garde d’enfants sera accrue, le taux d’entrée dans les services de garde d’enfants pour les 0-3 ans doit augmenter de 4 % actuellement à 40 %, et des subventions seront accordées pour les soins. Les employeurs et les organismes sociaux sont fortement encouragés et soutenus pour mettre en place des services de garde d’enfants et de nourrissons, en formant un réseau de services de garde à plein temps, de garde mi-temps, de garde à l’heure et de garde temporaire. Troisièmement, la protection des droits et des intérêts des femmes en matière d’emploi est encore améliorée, et des allégements fiscaux pour  les accouchements sont offerts aux entreprises pour accélérer la mise en place d’un mécanisme raisonnable et efficace de partage des coûts des accouchements entre l’État, les entreprises et les familles. D’une part, promouvoir davantage la mise en œuvre de systèmes tels que le congé de maternité et d’allaitement, traiter correctement la protection du congé de maternité prolongé et du congé de paternité pour les hommes, et imposer des sanctions financières ou administratives aux organisations qui portent atteinte aux droits et aux intérêts des femmes en matière d’emploi. D’autre part, un certain nombre d’allégements fiscaux ont été mis en œuvre pour réduire le coût de l’accouchement supporté par les entreprises, en fonction de la taille de leurs employées et de leur situation annuelle en matière de maternité. La fusion pilote de l’assurance maternité et de l’assurance médicale des employés a commencé en 2017, ce qui permet d’étendre la couverture de l’assurance maternité. Quatrièmement, la protection de l’égalité des droits pour les naissances hors mariage est renforcée. Bien que l’accouchement hors mariage ne soit pas encouragé, les femmes et leurs enfants nés hors mariage doivent toujours bénéficier de tous les mêmes droits, notamment en ce qui concerne l’installation dans un foyer et l’inscription à l’école, sans discrimination. Cinquièmement, accroître les investissements dans l’éducation et les soins médicaux, maintenir la stabilité à long terme des prix du logement et réduire les coûts directs de l’éducation des enfants. L’investissement dans l’éducation préscolaire sera accru, l’offre de jardins d’enfants publics sera fortement augmentée et la durée de la scolarité obligatoire de neuf ans sera portée à douze ans, tout en promouvant la réforme de l’éducation et en éradiquant efficacement le phénomène des « devoirs devenant des devoirs parentaux ». Le gouvernement va également augmenter les investissements dans les soins médicaux et promouvoir la réforme du système médical et des soins de santé afin de réduire efficacement les dépenses médicales. Le gouvernement adhérera au principe « Logement, pas de spéculation », mettra en place de nouvelles mesures dans le foncier axées sur la croissance de la population résidente, maintiendra des politiques financières immobilières stables, perfectionnera un mécanisme à long terme pour le développement sain du marché immobilier, et améliorera le marché du logement et les systèmes de sécurité du logement afin que tous puissent avoir un endroit où vivre.

D’autre part, elle répondra activement au vieillissement de la population, créera un système de produits et de services de haute qualité pour les personnes âgées et bâtira une société adaptée à l’âge. Premièrement, il accélérera le transfert de capitaux publics pour combler le fossé de la sécurité sociale, favorisera la coordination nationale de la sécurité sociale. Le transfert d’une partie du capital de l’État central et local pour reconstituer les fonds de sécurité sociale sera achevé d’ici la fin de 2020 et pourra être poursuivi si nécessaire. À l’heure actuelle, il existe un grave déséquilibre entre les régions en matière de sécurité sociale, et le passage à une coordination nationale peut aplanir les différences régionales et garantir le maintien du niveau de sécurité sociale dans les provinces et les villes où les revenus sont supérieurs aux dépenses. À l’heure actuelle, la Chine est trop dépendante du premier pilier de l’assurance retraite de base (qui représente 85 %).  Les deuxième et troisième piliers représentés par les pensions d’entreprise et professionnelles, l’assurance privée et l’assurance retraite individuelle sont relativement faibles. La seconde consiste à mettre en place un système d’apprentissage tout au long de la vie pour les personnes âgées, à encourager les entreprises à conserver et à employer une main-d’œuvre plus âgée, et à repousser en temps utile l’âge légal de la retraite. L’âge légal de la retraite pour les hommes est de 60 ans, inférieur à celui du Japon (65 ans), de la Corée (61 ans), de la Grande-Bretagne (65 ans) et des États-Unis (66 ans) ; l’âge de la retraite pour les femmes est de 55 ans, inférieur à celui du Japon (65 ans), de la Corée (61 ans), de la Grande-Bretagne (63 ans) et des États-Unis (66 ans), et de l’Inde (58 ans). Mettre en place un système d’apprentissage tout au long de la vie pour les personnes âgées, élever le niveau du capital humain des personnes âgées, supprimer les obstacles qui empêchent les employeurs de retenir et d’embaucher des travailleurs âgés et renforcer les mesures incitant les travailleurs âgés à prolonger leur carrière par une réforme des retraites et d’autres mesures. Troisièmement, un système de haute qualité pour la fourniture de services et de produits aux personnes âgées sera mis en place. La Chine va promouvoir le développement d’une main-d’œuvre pour les personnes âgées, accélérer la construction d’un système de services aux personnes âgées à plusieurs niveaux, basé sur le domicile, la communauté, entièrement développé par les institutions et intégré organiquement aux soins médicaux, améliorer le niveau de technologie et d’informatisation des services aux personnes âgées, et augmenter le soutien scientifique et technologique à la santé des personnes âgées. Quatrièmement, la construction d’une société respectueuse de l’âge. Nous poursuivrons la culture traditionnelle chinoise de la piété filiale, nous promouvrons la culture du respect des personnes âgées, et nous construirons un environnement social, de piété filiale et de respect des personnes âgées. Il compensera également les difficultés rencontrées par les personnes âgées pour voyager et participer aux services publics, et créera les conditions pour qu’elles puissent profiter des ressources éducatives, culturelles, spirituelles et récréatives de la société. L’environnement de l’État de droit pour faire face au vieillissement de la population sera renforcé, et les droits et intérêts légitimes des personnes âgées seront sauvegardés. Un environnement favorable à la participation des personnes âgées, des familles, de la société et du gouvernement doit être créé. 

Source :
任泽平:建议开放三胎 以应对人口少子化、老龄化

Articles connexes :

Les quatre défis de la Chine?

Les prix de l’immobilier en Chine

Découplage et protection

13 novembre 2020

Publié le Catégories Economie

2 réflexions sur « Vers 750 millions d’habitants en Chine? »

  1. Le boom économique lié aux allocations familiales, s’expliquent par le fait que si vous distribuez des revenus à des ménages avec enfants, ceux-ci n’auront d’autres alternatives que de le dépenser, donc de consommer. Et quand on parle de consommation, on ne parle pas d’acheter une maison, pas même une voiture. Mais plutôt tous ses achats compulsifs, qui créent du bonheur l’espace d’un instant, en donnant l’impression d’exister. Je veux parler de tous ces gadgets, ou bien de consommation qui ne servent qu’un temps, plutôt réduit, parce que les enfants, ça grandit, et les besoins évoluent rapidement au fil du temps. C’est donc une économie en circuit fermé, avec à la sortie, une population plus nombreuse, qui est aussi le principal facteur de croissance.

  2. Article très instructif effectivement. Ils se retrouvent avec les mêmes problématiques de financement de retraite qu’on avait connus et ce n’est que le début.
    Pour alimenter le débat. « 15ème plan quinquennal », « société modérément prospère », « Made in China 2025 », « une armée de classe mondiale en 2027 », « Vision 2035 », « neutralité carbone 2060 »… Que ce soit sur des années, des décennies, voire des siècles, Pékin a un goût prononcé pour la planification, outil hérité de l’ère soviétique pour assurer une bonne répartition des ressources productives et contrôler les masses. Ces grands plans reflètent aussi l’ambition chinoise de rattrapage en tout domaine, mais également le besoin du Parti de mettre en valeur ses réalisations auprès de sa population, en un effort propagandiste. Chaque nouvel objectif est ainsi perçu comme le fruit d’une intense réflexion de la part des meilleurs experts du pays qui, tels des joueurs de go, ont envisagé tous les angles et scénarios possibles. Cette projection à long terme suscite l’admiration de certaines démocraties qui ont souvent du mal à voir au-delà du prochain cycle électoral. Mais ces grands plans chinois sont-ils si méthodiquement calculés ?

    Le meilleur exemple est peut-être le projet des « nouvelles routes de la soie » : lancé par le Président Xi Jinping en 2013, désireux de laisser sa marque dans l’histoire, il a été renommé « One Belt, One Road » (OBOR), puis enfin baptisé « Belt & Road Initiative » (BRI) deux ans plus tard. Ce cafouillage autour du nom du projet, parfois qualifié de « plan Marshall » chinois, n’était pas le dernier. Aujourd’hui encore, impossible de savoir véritablement quels sont les projets labellisés « BRI ». S’agit-il de tous les investissements chinois à l’étranger ou seulement ceux financés et réalisés par des firmes d’État ? S’agit-il uniquement de chantiers réalisés dans certains pays le long d’un tracé spécifique ? Sa définition restant floue, le terme « BRI » est désormais brandi tel un gage de caution politique dans presque tous les projets de coopération impliquant un partenaire étranger… Faute de critères et de standards bien définis, l’initiative BRI a été rapidement accusée d’être un « piège de la dette », une stratégie « préméditée »par la Chine pour récupérer à bon compte des actifs stratégiques dans des pays étrangers. Même si ce n’est pas nécessairement le cas, la cession à un consortia chinois pour 99 ans du port de Hambantota par Colombo (Sri Lanka), croulant sous les dettes, lui a valu très mauvaise presse et a sensiblement décrédibilisé l’initiative…

    La Chine de Xi Jinping a également hérité de politiques de long terme, dont les implications ont été mal évaluées. La stricte application du planning familial, limitant les naissances à un enfant par couple pendant des décennies, a creusé un fort déséquilibre démographique qui la menace aujourd’hui. Cependant, faire marche-arrière s’avère plus difficile que prévu : les parents ne veulent plus d’un deuxième enfant.

    Dans certains cas, le gouvernement chinois met abruptement un terme à ces grands principes, sans : c’est le cas d’« un pays, deux systèmes », négocié en 1984 et entré en vigueur en 1997, qui devait garantir à Hong Kong un « certain degré d’autonomie » jusqu’en 2047. Craignant de perdre le contrôle, n’ayant pas anticipé que la jeunesse hongkongaise prenne goût aux principes démocratiques, Pékin a préféré dynamiter cet accord en imposant une loi de sécurité nationale. La formulation du dernier plan quinquennal ne laisse d’ailleurs plus aucun doute sur ses intentions, mentionnant l’exercice d’une « gouvernance complète » sur la région administrative spéciale d’ici cinq ans. « Un pays, deux systèmes » devait pourtant servir de modèle pour la réunification avec Taïwan, mais en y mettant un terme, Pékin enterre tout espoir d’un rapprochement pacifique avec Taipei. Ce faisant, la Chine s’est tiré une balle dans le pied.

    Dans la même idée, la « diplomatie coercitive » que pratique Pékin depuis plusieurs années lui a valu plusieurs crises majeures avec des pays tels que la France, la Norvège, la Suède, le Japon, la Corée du Sud, le Canada, les États-Unis et maintenant l’Australie. Les « loups combattants », ambassadeurs en poste l’étranger qui profèrent des menaces à peine voilées, n’arrangent rien, marquant une rupture avec la « montée en puissance discrète » que prônait Deng Xiaoping. Résultat : l’image de la Chine dans ces pays est en chute libre. Pékin peut bien prétendre n’en avoir que faire et blâmer les médias étrangers. Pourtant, les conséquences sont claires : les gouvernements étrangers à qui il restait peut-être un peu de bonne volonté se retrouvent contraints de durcir le ton afin de s’aligner avec leur opinion publique. Et les entreprises chinoises comme Huawei, que les diplomates espéraient défendre en sortant les crocs, en paient le prix… La Chine s’enferme donc dans un cycle contreproductif.

    Tous ces exemples laissent à penser que si la Chine aime se projeter à long terme, ses initiatives sont souvent trop vite mises sur pied, trébuchent par mauvaise mise en œuvre, ou sont avortées prématurément pour des motifs internes. Sous cette lumière, il est particulièrement éclairant d’observer les programmes à court terme et les rétropédalages de dernière minute (comme la suspension in extremis de l’entrée en bourse d’Ant), en particulier lorsqu’ils contredisent les grands plans ou révèlent au grand jour leurs fragilités.

Laisser un commentaire