Famille et changement en Chine

Le sociologue Xie Ning, dans un article en chinois intitulé « La famille chinoise moderne recherche plus de liberté individuelle, mais l’enfant reste le centre » détaille les changements au sein de la famille chinoise. Il pense que la famille traditionnellement avait rang de religion. A-t-elle gardé toute son importance ?

La famille, une véritable religion

La culture traditionnelle chinoise repose sur trois piliers : la culture confucéenne, le système bureaucratique étatique et la famille traditionnelle.
La famille peut être placée dans la catégorie des religions, avec par exemple la vénération des ancêtres. Pour de nombreuses affaires, le gouvernement n’exerçait pas son contrôle, les sociologues aiment rappeler l’expression, « 皇权不下县, Le pouvoir de l’empereur ne descend pas dans le comté. » En l’absence de véritable état de droit, c’est la famille qui réglait par exemple les questions de mariage, répartition des biens, soutien des parents. La famille avait un rôle vital. Dans la culture traditionnelle, c’est la famille qui choisissait les études, le professeur, le conjoint, le travail et les connaissances à fréquenter. La famille contrôlait la vie. 

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Transformation de la population, vers plus de liberté

Cette étape correspond au passage de la baisse des taux natalité et de mortalité et au développement de l’économie. L’individu recherche davantage de liberté, ce qui apportera des contradictions avec la famille. Il accepte moins les contraintes imposées par la famille, c’est un phénomène mondial qui voit le recul de l’âge du mariage, la hausse des divorces et l’apparition d’enfants de parents célibataires. De plus en plus d’enfants ne vivent pas avec les deux parents dans les pays occidentaux (25% en France). En Chine, c’est encore rare, tout comme la famille monoparentale. Ce qui signifie que les couples chinois craignent le divorce. L’inégalité homme-femme au sein du couple a pratiquement disparu. La femme étudie, travaille et peut faire des choix, sur, par exemple, un mariage tardif et le conjoint.

Tout le monde se mariait

La nouvelle Chine de 1949 a renforcé la culture familiale et tout le monde se mariait durant les premières décennies de cette époque. En 1981, avec la nouvelle loi exigeant une attestation de l’unité de travail, le nombre de mariage a baissé. L’annulation de ce document par la suite a vu un recul de l’âge du mariage, tendance qui ne devrait pas s’arrêter. Dans le passé, les personnes à un niveau d’éducation élevé se mariaient plus tard que ceux à un niveau d’éducation bas. Au final tous se mariaient.  

Le facteur économique


Aujourd’hui, la situation est différente, 20% des hommes à bas revenus sont encore célibataires à 40 ans. On trouve des femmes à haut niveau d’éducation, qui ne sont pas mariés à 40 ans et qui ne le seront peut-être jamais.
Pour les hommes à bas revenus, le facteur économique est important car on considère qu’un homme doit avoir un logement. Dans les villes où la pierre est chère, il est difficile d’acquérir un appartement. D’ailleurs, en comparant le prix de l’immobilier et l’âge du mariage, on remarque que le plus le prix du mètre carré est haut, plus l’âge du mariage est élevé. En effet, avoir un logement fait partie des conditions pour se marier. Une étude montre que 80% des couples avaient un appartement avant le mariage.
Le mari est parfois plus âgé que la femme. Généralement, un homme, s’il n’a pas de capital, va travailler quelques années pour économiser et acquérir un appartement dans le but de se marier. La position de la société et la situation économique comptent. Sans revenus, sans appartement et sans hukou urbain, il sera, pour la femme, difficile d’avoir un enfant. On assiste à un phénomène d’homogénéité dans le mariage où les couples ont généralement un même niveau d’éducation et de revenus.

Faible taux de divorce

Le sociologue  affirme qu’il ne faut trop croire les chiffres sur le divorce évoqués par les medias car ils donnent le taux de divorce par rapport à la population (粗离婚率). Il estime le taux de divorce moins important qu’au Japon (environ 15%) et dans les pays occidentaux. Pourquoi ce chiffre est aussi bas ? En Chine, on pense d’abord à l’intérêt de la famille et surtout à l’enfant. On veut préserver le mariage pour le protéger.

L’enfant est le centre

En effet, on peut affirmer que tout est centré sur l’enfant. L’enfant est le but du mariage et les conditions économiques sont envisagées pour l’enfant. Les enfants sans mariage sont très rares.Les études de l’enfant sont considérées de la plus haute importance. Les parents investissent beaucoup dans l’éducation, même les parents d’un niveau culturel bas pensent que les études sont vitales. La Corée, très influencée par le confucianisme, connaît le même phénomène. 

Les transformations de la population ont donc vu apparaître le mariage tardif et le célibat. Le nombre de parents célibataire devrait croître, mais dans une petite proportion. Le phénomène de population flottante avec l’éloignement détruit les liens familiaux et est un facteur qui doit être étudié. L’enfant est devenu le centre de la famille. Malgré les volontés de plus grande liberté, la famille a gardé toute son importance, ce qui fait une caractéristique très forte de la Chine, surtout quand on regarde les pays occidentaux.

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15 juillet 2020

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