Chine-Etats-Unis : le point

L’économiste Huang Qifan, ancien maire de Chongqing, lors d’un séminaire du 8 au 10 juin, fait le point sur les relations sino-américaines. Il rappelle le contexte actuel et les tensions, puis détaille la batterie de sanctions dans les mains de l’administration de Washington. Il appelle la Chine à prendre les menaces au sérieux et à lutter tout en restant souple et à s’améliorer dans divers domaines. 
Ci-après un résumé-traduction de la partie du discours sur les relations des deux pays, « 积极应对美国对华脱钩的系列措施, Réponse proactive à la série de mesures américaines de découplage de la Chine ».

Un environnement très tendu


« Dans le contexte de la crise sanitaire, les États-Unis s’efforcent de faire porter à la Chine la responsabilité de leur propre échec dans la lutte contre l’épidémie. Sans oublier la guerre commerciale et le retour de production aux Etats-Unis. A l’approche des élections américaines de novembre, les relations sino-américaines entrent maintenant dans la phase la plus difficile depuis l’établissement des relations diplomatiques.  

Les restrictions-sanctions


Les États-Unis ont récemment bloqué Huawei tout en mettant en place des restrictions à 33 sociétés et institutions chinoises. Les autorités boursières prennent des mesures contre les sociétés chinoises. Les étudiants chinois ne pourront plus partir étudier les STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques aux États-Unis, on discute de la suspension ou de restriction des visas. Certains politiciens demandent l’annulation des bons du Trésor américain, le gel des avoirs chinois aux États-Unis, etc. On peut dire qu’il y a déjà les débuts d’une importante poussée américaine pour le découplage de la Chine.

Chine Etats_Unis

La base juridique pour de plus amples sanctions

En 2015, le Congrès américain a adopté un projet de loi qui constitue désormais la base juridique permettant au département du Trésor des États-Unis de déterminer si un pays est un « manipulateur de devises ». En vertu de cette loi, si un pays est reconnu comme étant un « manipulateur de devises », les États-Unis pourront lui infliger des sanctions dans les dix domaines suivants : 
1. Stopper les échanges. 
2. Interdire aux banques et autres institutions financières américaines de fournir des services aux entreprises de ces pays. 
3. Imposer des restrictions sur des technologiques, interdisant l’exportation de haute technologie vers des pays rivaux. 
4. Ne pas permettre aux entreprises des pays rivaux d’entrer sur le marché boursier, et celles qui y sont déjà devront en sortir. 
5. Pour l’éducation et les ressources humaines, limiter le nombre et l’inscription des étudiants.
6. Profiter du monopole du Swift et exclure du système financier ces pays (voir l’article sur l’instauration de la monnaie numérique chinoise).
7. Utiliser la « long arm juridiction » pour chasser les entreprises étrangères.
 8. Geler les actifs aux États-Unis.
9.  Dégrader la notation de la dette souveraine.
10. Mesures visant à faciliter la fuite des capitaux de ces pays.

Prêt à lutter

En août 2019, le Département du Trésor américain, changeant ses critères, a soudainement qualifié la Chine de manipulateur de devises avant de revenir sur sa décision. Néanmoins, au cours des six derniers mois environ, de nombreux hommes politiques américains ont, à diverses reprises, entonné un discours avec le rejet de la responsabilité de la Chine et le découplage. À cet égard, nous ne devons pas le prendre à la légère. Premièrement, nous devons nous débarrasser de nos illusions et nous préparer à la lutte ; deuxièmement, nous devons être confiants et maintenir notre détermination ; troisièmement, nous devons tenir la ligne et réagir avec souplesse.

Constante amélioration

En dernière analyse, nous devons bien faire notre travail, approfondir les réformes internes avec plus de vigueur et de détermination, élargir l’ouverture sur le monde extérieur et accélérer nos efforts pour combler les lacunes concernant l’État de droit, l’innovation, avec un niveau plus élevé de réforme et d’ouverture pour promouvoir un développement de qualité. »

Le discours très synthétique résume bien la situation. Que peut-on espérer?
Le South China Morning Post évoque une rencontre entre les deux pays à Hawaï avec Yang Jiechi, membre du Politburo et Mike Pompeo, Secrétaire d’Etat. Va-t-on vers une accalmie?

Source : 意见领袖丨黄奇帆(重庆市原市长、第十二届全国人大财经委副主任委员)

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