A la recherche de la liberté, vers Taïwan

Les turbulences politiques qui secouent les relations entre Hong Kong et le gouvernement chinois peuvent inciter une partie de Hongkongais à chercher refuge sous d’autres cieux plus cléments. Déjà, les accords de rétrocession à la mère patrie avaient entraîné des départs importants vers le continent américain au début des années 90. Les menaces sur la grande idée de l’ère Deng Xiaoping, « Un pays, deux systèmes » ne rassurent pas. La volonté manifeste du pouvoir communiste de renforcer son contrôle sur Hong Kong fait craindre le pire.

De Hong Kong à Taïwan
Le mouvement d’immigration de Hong Kong vers Taïwan n’a jamais été de grande amplitude. Pékin reste également une menace pour la démocratie taïwanaise. Le nombre d’immigré hongkongais a augmenté de 85% de 2014 à 2016, de 697 à 1300, pour stagner les deux années suivantes. Bien entendu, pour une population de 7,5 millions, nous ne parlerons pas de raz de marée.

Réfugiés politiques
Les chiffres pour l’an dernier ne sont pas encore connus, diverses indications font penser à une forte augmentation. Plusieurs centaines d’étudiants ont cherché refuge sur le sol de la République de Chine l’an dernier. Le libraire Lam Wing-kee (林榮基), qui avait été enlevé en 2017 et emprisonné 8 mois, pour avoir distribué en Chine des ouvrages peu favorables au régime communiste a décidé lui aussi de s’installer à Taiwan, où il vient d’ouvrir de nouveau sa librairie, mais à Taipei.



黄秋生 Anthony Perry

黄秋生, Anthony Perry
L’acteur Hongkongais, 黄秋生, Anthony Perry, sur sa page Facebook, indique qu’il se trouve à Taïwan, en quarantaine de quatorze jours. Arrivé de sa ville natale, il respecte les règlements sanitaires. A une personne qui lui demandait si il se préparait à prendre la nationalité taïwanaise, il a répondu en trois caractères : « 準備中, En préparation ! »


Anthony Perry Taïwan


Il n’a pas donné davantage de détails. La nouvelle a fait le tour des médias taïwanais qui s’interrogent sur les raisons assez évidentes. L’artiste avait pris parti pour le mouvement des parapluies de 2014 et des manifestations de 2019 contre l’amendement de la loi d’extradition. La Chine lui avait fait payer son opposition, les films financés par le continent l’oublient depuis cette période. 

La plupart de ses compatriotes parcourent les 700km pour retrouver plus de liberté d’expression et ne pas se retrouver à la merci d’une arrestation ou d’un enlèvement pour avoir pris parti publiquement contre de nouvelles réglementations. Le mouvement va-t-il s’amplifier ? Fort possible !

14 mai 2020

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