Le coronavirus dès 2012

Le roman de Bi Shumin, 毕淑敏,« Coronavirus 花冠病毒 » sorti en 2012 est rattrapée par l’actualité car l’auteur avait déjà « tout vu ». 

Du Sras au coronavirus


Elle est médecin et a travaillé dans la lutte contre l’épidémie de SRAS en 2003. De son expérience, elle a tiré un récit. Après huit années d’écriture et de réécriture, elle décrit la propagation d’une épidémie, qui semble nous raconter la pandémie actuelle.
Avec un récit entre anticipation et roman noir, Bi Shumin relate le combat mené contre le coronavirus à Yan, ville imaginaire, en l’an 20NN.

 Bi Shumin Coronavirus

Dire, ne pas dire!


L’introduction donne le ton en montrant les débats au sein de la municipalité sur l’information à donner au public tout en justifiant la dissimulation afin de ne pas affoler la population :
« Quelles sont les nouvelles pour notre réunion d’urgence de la journée ? Le 2 mars à minuit, le nombre de morts a dépassé trois chiffres, 101. Le problème présent est : « Quel rapport faisons-nous au peuple ? », demanda Yuan Zaichun. Commandant du bureau de la lutte contre l’épidémie, il doit chaque jour, communiquer avec les médias sur la situation, le nombre de morts est le chiffre auquel la population prête le plus attention.
Auparavant, dans l’ensemble les rapports reflétaient la réalité. La population exige la transparence et demande à être informée tout de suite de toute nouvelle. La ville de Yan, à tous les niveaux, a conservé la stabilité.
Chang Ningxiong dit : « Vous avez tous une opinion ? Exprimez-vous, nous n’acceptons pas l’abstention. »
Une majorité se prononça pour dévoiler la situation réelle. Une minorité préférait que les chiffres des morts passent par un traitement d’ordre technique.
Chang Ning reprit : « Parlez plus clairement, qu’appelez-vous traitement d’ordre technique ? »
Personne ne dit mot. Yuan Zaichun continua : « C’est dissimuler. Réduire le nombre de morts. » Il était l’avocat de ce clan. 

Une intrigue mouvementée


Le récit suit Luo Weizhi. Ecrivain, elle fait partie de l’équipe spéciale de reportage et est chargée d’observer la lutte contre l’épidémie.
Avant de partir, Li Yuan, un chimiste lui demande de rapporter des échantillons du virus tout en lui donnant un médicament contre le virus. Elle gagne la confiance de Yuan Zaichun, directeur du commandement de la lutte. Il lui donne les rapports d’autopsie de Yu Zengfeng, expert en médecine légale tué par le virus.
Les documents ont conservé le virus et elle est infectée. La poudre fournie par le chimiste l’aide à s’en sortir et elle poursuit son enquête. Comme Luo est guérie, elle a des anticorps, elle en profite pour aller récupérer des souches de virus sur les cadavres avec l’approbation du directeur. Les services secrets, les aigrefins et les corrompus essaieront de profiter d’un médicament miracle et de Luo, porteuse d’anticorps. La trame prend du rythme au fil du récit avec de multiples retournements.

Le roman de Bi Shumin semble raconter l’histoire de l’épidémie partie de Wuhan en 2020. Les mêmes tentatives d’étouffer la réalité, la mort d’un médecin, la chasse aux sorcières, la suspicion, le complot étranger, se croisent. Alors que le gouvernement chinois tente de renverser la vapeur en instaurant le storytelling de la victoire chinoise contre l’épidémie, ce livre arrive à point pour rappeler le danger de l’épidémie et de la désinformation.

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